Dans «Nation impossible, le désir d’une patrie au Canada et au Québec», ce Canadien anglophone souligne que la différence entre Canadiens anglais et Canadiens français est loin d’être seulement une question de langue.
«La majorité anglophone, dit-il, n’a pas réussi à développer une identité culturelle en rapport avec la possession d’un état de nation, alors que dans le même temps, la minorité francophone a réussi à se forger une identité culturelle, mais, ajoute-t-il, sans obtenir de statut politique».
Le Canada anglais, explique encore Ray Conlogue, manque en effet du sens de la communauté qui fonde une culture. La notion même de «projet de société» y est complètement incompréhensible. «Le Canada, déclarait-il récemment dans une interview, n’a qu’une culture d’élite, la culture populaire y est américaine. Le Québec, lui, a tous les niveaux de culture».
Comme Ray Conlogue est critique culturel du «Globe and Mail», les exemples abondent dans son livre. A l’Ecole nationale de théâtre de Montréal, il y a quelques années, les francophones représentaient des pièces qu’ils écrivaient eux-mêmes, tandis que les anglophones jouaient par exemple «Roméo et Juliette». Il compare globalement Montréal, ivre de création artistique, à Toronto, qui «vit depuis longtemps dans une relation féodale avec la culture américaine».
Et pourtant, selon le journaliste, «quand un pays est menacé d’absorption par un voisin puissant, il n’y a que la culture qui puisse créer la volonté collective nécessaire pour faire face à cette menace».
Une donnée qui explique l’existence d’une culture québécoise forte, et qui justifierait une puissante culture proprement canadienne, pour faire pièce au géant américain. (AFP)


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