Premier homme à être entré voilà trente ans dans le domaine alors exclusivement féminin de la confection de ces habits flamboyants, M. Ahmed Diaa Eddine n’a pas hésité a utiliser les nouvelles méthodes de communication en créant, au début de l’année, un site sur Internet.
On peut y voir des costumes de danse, des informations sur la danse du ventre et ses origines, ainsi que les adresses où il est possible de se procurer ce type de vêtements et d’accessoires en Europe.
A la fin de l’année dernière, ce couturier de 50 ans, qui considère «comme un devoir patriotique de défendre le costume traditionnel», avait déjà mis en vente un magazine trimestriel appelé «Raks Charki» (danse orientale), distribué surtout en Europe à environ 5.000 exemplaires.
Un étroit escalier mène à son atelier au centre du Caire, dans un quartier de musiciens et danseuses du ventre. Il a épinglé des photos de ses clientes européennes ou israéliennes «piquées par le récent engouement occidental pour cette danse».
Ces nouvelles clientes respectent davantage les traditions que les danseuses arabes, observe-t-il en s’insurgeant contre «la nouvelle tendance à porter des robes du soir, des mini-jupes ou des shorts».
Bien que nombre d’Egyptiens croient que cette danse remonte à l’époque des pharaons, elle vient en réalité d’Inde et a été répandue dans la région de la Méditerranée au Xe siècle par les Gitans. Ils se dispersèrent en Iran, Turquie ou Grèce, et d’autres en Egypte, en Afrique du nord et en Espagne. L’habit traditionnel date du XVIe siècle.
Mode
éphémère
«Les shorts, c’est bon pour l’aérobic, pas pour la danse orientale», s’indigne Diaa Eddine. Pour lui, celle qui choisit ce vêtement veut «rehausser son physique et non son talent de danseuse» et cherche à «épater Egyptiens et Arabes, lassés par le costume oriental».
La nouvelle mode sera «éphémère, tandis que le costume traditionnel avec son corset en résille montrant le nombril, son soutien-gorge et sa ceinture brodée de perles ou de sequins traversera le temps», croit Mme. Abla, considérée comme le «dé d’or du costume oriental». Mais elle et ses collègues du quartier avouent «se plier aux demandes de leurs clientes».
«C’est le costume qui m’a attiré vers ce métier. Enfant, j’étais subjugué quand la danseuse faisait virevolter les pans en mousseline de sa jupe tel un papillon battant des ailes», dit Diaa Eddine.
Il révèle quelques petits secrets: «Nous utilisons du rembourrage pour les hanches étroites et pour les poitrines vraiment volumineuses, une bretelle additionnelle autour du cou s’impose».
«Les vergetures se cachent aux bras par des bracelets et aux jambes par la longue jupe», confesse-t-il. «Pour une danseuse inexpérimentée, nous multiplions les franges de perles qui tremblent et donnent l’illusion qu’elle se déhanche».
Mme Abla précise qu’un costume nécessite six mètres de mousseline, au moins deux kilos de perles ou de sequins et un mois de travail pour une robe «bien remplie». Le prix varie selon les modèles entre 400 et 12.000 livres égyptiennes (120 à 3.500 dollars).
Les danseuses étrangères préfèrent les couleurs vives – rouge, turquoise, noir ou violet – rehaussant leur teint clair, tandis que les Egyptiennes optent pour les pastels seyant à leur peau mate.
«Comme un tableau ne peut être fait par deux peintres, un costume doit être brodé par un seul ouvrier, sinon la différence se voit», affirme Mahmoud Abdel Ghaffar qui vend robes, chaussures et accessoires dans son supermarché de la danse orientale, au cœur du bazar du Caire. (AFP)
Non, la «danse du ventre» ne remonte pas au temps des Pharaon: elle est venue d’Inde. Pour les costumes – 120 à 3.500 dollars pièce –,
rembourrages, bretelles additionnelles et perles et six mètres de mousseline.


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