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Actualités - Chronologie

Condom café à Ho Chi Minh-ville

Le «Condom Café» de l’ancienne Saïgon est toujours plein, mais ce jour-là l’attraction de la soirée a amené encore plus de clients que d’habitude dans ce lieu unique au Vietnam.
Son nom, Ong Bao Cao Su – Monsieur Préservatif – et son apparition sur scène lui valent toujours un franc succès. Déguisé en préservatif de la tête aux pieds, il représente le clou d’une soirée qui allie consommation de boissons, musique occidentale de discothèque et campagne d’information sur une sexualité sans risque de contamination par le virus du Sida.
L’existence même de ce «Condom Café» au Vietnam, où toute discussion publique sur le sexe reste encore taboue, illustre le sérieux avec lequel les autorités commencent à aborder le problème croissant de la propagation du Sida.
«Le Vietnam est en avance par rapport aux autres pays de la région, il a une attitude favorable vis-à-vis du préservatif», estime Jamie Uhrig, un représentant de l’agence Aids des Nations Unies.
«Le gouvernement regarde les choses en face, estime un autre étranger impliqué dans la campagne anti-Sida. Il a désigné un vice-premier ministre pour s’occuper de cette question. Ils prennent les choses au sérieux».
En raison de l’isolement international du Vietnam jusqu’au début des années 1990, le Sida n’y est apparu que tardivement par rapport à ses voisins du sud-est asiatique, et Hanoï veut tirer la leçon des erreurs commises ailleurs.
«Potentiellement, l’épidémie est au Vietnam aussi forte qu’en Thaïlande, mais nous bénéficions du fait qu’elle arrive ici plus tard», explique Le Truong Giang, responsable à la commission du Sida à Ho Chi Minh-Ville. «Nous pouvons mettre à profit l’expérience des autres», ajoute-t-il.
Officiellement, le Vietnam compte 5.481 porteurs du virus, des prostituées, mais surtout des drogués. L’insuffisance des moyens de détection laisse toutefois penser que le chiffre est beaucoup plus alarmant.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) n’est pas optimiste, et estime qu’avant la fin de la décennie le Vietnam pourrait compter plus de 350.000 séropositifs.

Guerre ouverte

Dans l’ancienne Saïgon, le taux de contamination des drogués qui partagent les seringues est de 35 à 40% et la moitié des drogués par intraveineuses dans la province de Khanh Hoa, qui englobe plus au nord la ville de Nha Trang, sont séropositifs, selon des statistiques officielles.
Seulement 1,2% des prostituées auraient été découvertes séropositives en 1996, mais ce taux a triplé en trois ans.
Toutefois les organisations humanitaires actives dans la lutte contre le Sida soulignent que les tests sont pratiqués sur des drogués ou des prostituées envoyés en camp de rééducation après leur arrestation et que ceci ne reflète pas la réalité.
La plupart des séropositifs sont des jeunes de moins de 25 ans – qui représentent aujourd’hui la moitié de la population vietnamienne – et plus de la moitié des nouveaux cas sont détectés dans la tranche d’âge des 15 à 24 ans. Ce sont ceux-là mêmes que vise le «Condom Café», qui reçoit une assistance de l’ONG Médecins du Monde et est situé dans les locaux du Centre pour la jeunesse.
Des volontaires y travaillent comme serveurs, donnent des conseils de protection contre le Sida et distribuent gratuitement des préservatifs.
«Nous savons qu’il est très difficile de questionner les clients sur leur sexualité, explique Bui Chi Cuong, qui travaille au café. «On essaie de les mettre à l’aise».
L’approche de ce café est radicalement différente de l’attitude officielle qui désigne la prostitution et la toxicomanie comme des «fléaux sociaux» contre lesquels une guerre ouverte – mais peu efficace – a été déclarée. le café ne prétend pas empêcher le sexe, même hors mariage, il veut juste empêcher le Sida de faire ses ravages. (AFP)
Le «Condom Café» de l’ancienne Saïgon est toujours plein, mais ce jour-là l’attraction de la soirée a amené encore plus de clients que d’habitude dans ce lieu unique au Vietnam.Son nom, Ong Bao Cao Su – Monsieur Préservatif – et son apparition sur scène lui valent toujours un franc succès. Déguisé en préservatif de la tête aux pieds, il représente le clou d’une soirée qui allie consommation de boissons, musique occidentale de discothèque et campagne d’information sur une sexualité sans risque de contamination par le virus du Sida.L’existence même de ce «Condom Café» au Vietnam, où toute discussion publique sur le sexe reste encore taboue, illustre le sérieux avec lequel les autorités commencent à aborder le problème croissant de la propagation du Sida.«Le Vietnam est en avance par rapport aux...