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Actualités - Chronologie

Yes-yes historique de l'écosse au rétablissement de son parlement

L’Ecosse a posé les jalons d’une émancipation vis-à-vis de l’Angleterre en se prononçant massivement pour un «double oui» au référendum organisé sur la création d’un parlement écossais, le premier depuis près de trois siècles.
Dans le centre de conférence d’Edimbourg, les quelques dizaines de courageux qui avaient attendu vendredi l’annonce des résultats définitifs ont célébré la victoire en entonnant le «Flower of Scotland». Ce chant patriotique s’est imposé comme l’hymne «national» de l’Ecosse.
L’émotion dans la population et le lyrisme des grands titres de la presse écossaise ont accueilli ce résultat, supérieur aux prévisions des sondages.
A la première question, portant sur la restauration du parlement, les électeurs écossais ont répondu oui à 74,3%. A la seconde proposition, consistant à conférer une compétence fiscale limitée à la nouvelle assemblée, ils ont accordé une majorité de 63,5%.
Le premier ministre Tony Blair, qui a présenté la dévolution comme un projet emblématique de son action, a salué la victoire, en se rendant vendredi à Edimbourg.
Devant le bâtiment de l’ancien Parlement, il a proclamé «la fin de l’ère du gouvernement centralisé», sous les acclamations d’Ecossais brandissant des drapeaux et des affiches «yes-yes». «C’est un bon jour pour l’Ecosse, et c’est un bon jour pour la Grande-Bretagne et le Royaume-Uni», a-t-il ajouté. Ce vote signale «la fin d’une ère de gouvernement centralisé», a-t-il dit.
Le dernier Parlement écossais avait été dissous en 1707, en même temps qu’était signé le traité d’union, rattachant l’Ecosse à l’Angleterre. Beaucoup des cinq millions d’Ecossais attendaient ce référendum comme une occasion de prendre une revanche sur l’histoire.
Le leader du Parti national écossais (SNP), Alex Salmond, ne cherchait pas à dissimuler sa joie vendredi face à l’importance des majorités remportées sur les deux questions. «Nous sommes partis pour un voyage dont la dernière étape sera l’indépendance», a-t-il dit. Ce but n’est cependant pas partagé par ceux qui étaient ses alliés pour ce référendum, les travaillistes et les libéraux-démocrates.
Paradoxalement, William Hague, le chef de l’opposition conservatrice, qui avait mené campagne pour le non, faisait presque la même analyse qu’Alex Salmond, en soulignant le risque d’un éclatement du Royaume-Uni.
«Nous croyons que l’établissement d’un Parlement sera très dangereux pour l’avenir du Royaume-Uni. Cela a été une triste nuit pour l’avenir de l’Ecosse et du Royaume-Uni», a-t-il dit.

Joie et fierté

La presse écossaise quasi-unanime traduisait la joie et la fierté de la grande majorité des Ecossais. «La fleur d’Ecosse (Flower of Scotland) va de nouveau éclore», disait l’édition écossaise du Sun.
«Une nation, à nouveau», titrait le quotidien The Scotsman.
La nouvelle assemblée aura les coudées franches sur beaucoup des décisions de «politique intérieure» écossaise. Elle disposera des pouvoirs législatifs dans des secteurs tels que la santé, l’éducation, la justice — son système légal est déjà distinct — et la culture.
Grâce au oui à la seconde question, le nouveau Parlement pourra faire varier le taux de l’impôt sur le revenu dans une marge de 3% autour du niveau fixé dans le reste du Royaume-Uni. Il s’agira de sa seule compétence fiscale.
Le gouvernement présentera fin 1997 ou début 1998 les lois portant la création du Parlement écossais devant les Chambres des communes et des lords. L’élection des 129 parlementaires devrait se tenir au printemps 1999, et l’assemblée siéger pour la première fois au tournant du siècle.
M. Blair a ainsi franchi la première étape dans son projet de «dévolution», c’est-à-dire de délégation de certains pouvoirs de Londres vers l’Ecosse ou le Pays de Galles et à terme l’Irlande du Nord. Les Gallois se prononceront par référendum le 18 septembre sur un projet de création d’un parlement aux compétences moindres.
Les sondages semblent montrer que l’opinion galloise est beaucoup moins enthousiaste à l’égard de la «dévolution» que les Ecossais. Le chancelier de l’Echiquier Gordon Brown était à Cardiff vendredi pour relancer la campagne en faveur du oui, espérant qu’elle bénéficiera de l’effet d’entraînement. (AFP)
L’Ecosse a posé les jalons d’une émancipation vis-à-vis de l’Angleterre en se prononçant massivement pour un «double oui» au référendum organisé sur la création d’un parlement écossais, le premier depuis près de trois siècles.Dans le centre de conférence d’Edimbourg, les quelques dizaines de courageux qui avaient attendu vendredi l’annonce des résultats définitifs ont célébré la victoire en entonnant le «Flower of Scotland». Ce chant patriotique s’est imposé comme l’hymne «national» de l’Ecosse.L’émotion dans la population et le lyrisme des grands titres de la presse écossaise ont accueilli ce résultat, supérieur aux prévisions des sondages.A la première question, portant sur la restauration du parlement, les électeurs écossais ont répondu oui à 74,3%. A la seconde proposition,...