Les analystes attendent cependant que les soubresauts sur les marchés asiatiques provoqués par la crise de la devise thaïlandaise soient apaisés avant de se prononcer sur la capacité du Japon à diriger l’équipe de secours dans une situation similaire.
«L’engagement du Japon pour 4 milliards de dollars a plus ou moins satisfait la majorité des parties concernées», estime Hisao Matsuura, analyste au Nikko Research Institute.
«Cela a confirmé que le Japon doit être impliqué dans une telle situation que Tokyo le veuille ou non», ajoute-t-il.
Le Japon s’est retrouvé dans ce plan établi sous l’égide du Fonds Monétaire International (FMI) aux côtés de la Banque Mondiale, de la Banque de développement asiatique, et de sept puissances économiques de la région, Australie, Hong Kong, Malaisie, Singapour, Indonésie, Corée du Sud et Chine.
Au total la Thaïlande a reçu 17,2 milliards de dollars, sous la condition de se conformer aux exigences strictes du FMI pour remettre de l’ordre dans son économie.
L’enveloppe, la plus forte depuis le plan de sauvetage de 50 milliards de dollars de l’économie mexicaine en 1994-1995, laisse les Etats-Unis en retrait, un fait sans précédent dans les crises monétaires depuis la fin de la guerre.
Tokyo a longtemps cherché à jouer un rôle plus important dans les politiques économiques de la région Asie alors que ses entreprises et ses banques y ont des engagements majeurs.
«En réalité, le Japon doit prendre ses responsabilités pour n’importe quel plan lié à une crise dans la région», souligne un responsable du ministère des Finances japonais. «C’est notre obligation. Si le Japon refuse de prendre l’initiative, aucun autre pays asiatique ne s’engagerait», ajoute-t-il.
«Même Washington nous a dit que les affaires asiatiques devaient être traitées principalement par le Japon», souligne un autre responsable du ministère des Finances.
Les exportateurs japonais envoient des biens d’équipement en Asie et ré-exportent les produits manufacturés qui y sont fabriqués vers les Etats-Unis, l’Europe et le Japon.
Une baisse de la demande due à la faiblesse des monnaies asiatiques pèse sur l’économie japonaise, mais il est difficile à ce stade d’en quantifier l’impact.
Dans la dernière décennie, les industriels nippons ont massivement délocalisé en Asie, au point qu’un Thaïlandais sur sept travaille aujourd’hui pour des sociétés à affiliation japonaise, notent les économistes.
L’Asie est le premier partenaire économique du Japon, représentant 40% de ses échanges. Elle a absorbé 70% des prêts à l’étranger des banques japonaises soit 120 milliards de dollars, trois fois l’engagement américain. (AFP)

