Les terriens ne peuvent en effet observer les phoques que lorsqu’ils sont près du littoral ou se reposent en mer sur un rocher. Ils ignoraient jusqu’ici, à quelle profondeur ils plongent, les distances qu’ils parcourent et la façon dont ils apprennent à se nourrir.
Soignés depuis l’hiver dernier à la clinique des mammifères marins du centre Océanopolis de Brest (Ouest de la France), quatre jeunes phoques gris avaient été équipés d’une balise Argos avant de retrouver, courant juin, leur élément naturel sur la côte finistérienne.
Leur périple en mer d’Iroise, en Manche et en Atlantique Nord a pu ainsi être suivi à la race par les scientifiques de Brest et ceux de Sea Mammal Research Unit de Saint-Andrews (Royaume-Uni), concepteurs des balises.
Le public a été largement associé à cette opération, notamment les quelque 150.000 personnes qui, durant l’été, ont visité l’exposition temporaire de Océanopolis, ainsi que, fin juin, les visiteurs du Salon aéronautique du Bourget (banlieue de Paris). Un site Internet avait également été ouvert.
En présentant le bilan «très provisoire» de cette expérience, Vincent Ranoux, responsable du département des mammifères marins de Brest, a souligné qu’il était «auparavant inimaginable» de connaître de telles phases de vie de ces phoques qui, en un peu plus de deux mois, ont migré au large de l’île de Wright (Grande-Bretagne), le long des côtes irlandaises, ou plus simplement se sont installés dans l’archipel de Molène (ouest).
La profondeur de leurs plongées — jusqu’à 133 mètres — a pu être déterminée avec précision selon l’endroit où ils se trouvaient. Par contre, a expliqué M. Ranoux, «seule une étude plus poussée des données recueillies permettra de déterminer la distance parcourue sous l’eau et la fréquence des remontées en surface».
Il est en effet intéressant pour les chercheurs de savoir comment ces jeunes animaux, jusqu’ici nourris par la main de l’homme, ont pu apprendre eux-mêmes à chasser pour subvenir à leurs besoins.
L’un d’entre eux est mort quelques jours après avoir été relâché. Son cadavre putréfié a été découvert sur le plateau molénais et identifié. Il avait perdu sa balise et les causes de sa mort restent indéterminées. «Ce n’est pas très alarmant», a estimé M. Ranoux qui a précisé que «dans la nature, 50% des phoques mourraient avant l’âge de un an».
Sur leurs habitudes de vie, il restera encore à savoir comment et pourquoi des phoques «inexpérimentés» peuvent gagner, en huit jours de nage, les côtes sud-ouest anglaises et se mêler à des colonies irlandaises, galloises, cornouaillaises ou bien encore bretonnes. (AFP)


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