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Actualités - Chronologie

Stérilisations abusives : la France aussi..

La France, qui n’a pas eu comme la Suède, les Etats-Unis ou le Canada, de politique ou de loi eugénique pour stériliser les «asociales et autres faibles d’esprit», vient de découvrir que des «milliers» de femmes handicapées mentales ont vraisemblablement été stérilisées de façon abusive.

Selon l’hebdomadaire satirique «Charlie Hebdo», environ 15.000 femmes actuellement suivies en France par des institutions pour «handicapés mentaux» ont été stérilisées de force.
«En France, les victimes se comptent probablement par milliers», a confirmé Nicole Diederich, chercheuse de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), qui a tenté d’alerter les autorités françaises en 1991. Elle s’est cependant refusée à fournir une estimation plus précise du nombre des victimes, vu la rareté des études à ce sujet.
Elle a toutefois fait état d’une enquête sur 260 cas en Gironde (sud-ouest), ayant montré que 35% des femmes avaient été stérilisées à leur insu.
Le comité consultatif national d’éthique (CCNE) a mis en garde en 1996 contre ces stérilisations abusives sans donner d’estimation sur leur ampleur.
Un quotient intellectuel (QI) faible chez une débile légère, assorti de difficultés affectives et sociales et d’échec scolaire ont souvent suffi à provoquer l’opération, réalisée à leur insu, leur interdisant à tout jamais d’avoir des enfants, selon la chercheuse.
Ainsi, «Michelle», la quarantaine, «devenue sourde à la suite d’otites répétées a été stérilisée à 20 ans, sur demande de sa mère, parce qu’elle était «embêtante» et voulait se marier», raconte Nicole Diederich.
«Cécile», 35 ans, handicapée légère, qui voulait garder son enfant, a été avortée et stérilisée de force au début des années 80. Une autre a eu droit à une ligature des trompes à vingt ans, sous le prétexte fallacieux d’une opération de la hanche.

Mutilation

Evoquant les cas de «stérilisations forcées sur victimes de viol», Nicole Diederich s’insurge contre «les abus sexuels sur handicapées, jamais dénoncés».
Le «laxisme» ou «l’à peu près» dans les indications médicales de stérilisation d’handicapées mentales n’est pas admissible, a déclaré le Pr Bernard Glorion, président de l’Ordre des médecins.
«La stérilisation n’est qu’un dernier recours, après avoir épuisé toutes les autres solutions» (pilule, stérilet...), a-t-il souligné.
Chirurgien lui-même, il est «choqué» par les déclarations d’un confrère affirmant: «Nous opérons sur l’indication des psychiatres et des institutions. Ce n’est pas à nous de décider».
«Un chirurgien est libre et responsable de ses actes et peut peser le pour et le contre des indications d’une intervention», ajoute le Pr Glorion, sans vouloir, «fautes de données», valider un quelconque nombre de stérilisations abusives.
En revanche, comme la chercheuse, il est «favorable à une enquête nationale sur ce sujet» pour dresser un bilan.
Le chiffre de 15.000 femmes stérilisées de force est «d’autant plus frigorifiant qu’il ne prend pas en compte les générations précédentes, ni les femmes immigrées stérilisées à leur insu dans les années 60, ni les stérilisations dans les hôpitaux psychiatriques», selon «Charlie Hebdo».
Un peu plus de 44.000 femmes séjournent dans des institutions pour déficients mentaux légers ou lourds, selon Mme Diederich.
En France, «le principe même de la stérilisation représente une mutilation interdite en l’absence de motif médical sérieux», souligne le Pr Glorion.
Les assureurs ont déjà fait savoir qu’ils refuseraient de couvrir les praticiens au cas où des femmes stérilisées porteraient plainte. (AFP)
La France, qui n’a pas eu comme la Suède, les Etats-Unis ou le Canada, de politique ou de loi eugénique pour stériliser les «asociales et autres faibles d’esprit», vient de découvrir que des «milliers» de femmes handicapées mentales ont vraisemblablement été stérilisées de façon abusive.Selon l’hebdomadaire satirique «Charlie Hebdo», environ 15.000 femmes actuellement suivies en France par des institutions pour «handicapés mentaux» ont été stérilisées de force.«En France, les victimes se comptent probablement par milliers», a confirmé Nicole Diederich, chercheuse de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), qui a tenté d’alerter les autorités françaises en 1991. Elle s’est cependant refusée à fournir une estimation plus précise du nombre des victimes, vu la rareté...