Avec le foisonnement audiovisuel issu de la guerre, toute une génération de jeunes techniciens avait dû se former sur le tas. Pour répondre au besoin engendré par une telle situation, l’IESAV a été créé en 1986, offrant aux jeunes la possibilité de poursuivre des études de théâtre et une formation aux différentes techniques de l’audiovisuel: actorat, acoustique, éclairage, scénario, caméra, réalisation etc…
Premier institut du genre au Liban, l’IESAV se développe vite et attire chaque année une centaine de jeunes désireux de se spécialiser dans ce vaste domaine.
Aujourd’hui, les couloirs des étages grouillent de jeunes qui n’ont rien de l’étudiant classique BCBG et certaines salles de cours ressemblent plutôt à des chantiers. Crâne rasé ou tête barbouillée, les uns font de la menuiserie, d’autres sont perchés sur des échafaudages… des spots, des câbles, des caméras traînent partout. C’est qu’un étudiant prépare le tournage d’une scène de son projet de diplôme, et tout le monde l’aide à reconstituer une cellule de prison avec des prisonniers, bien sûr. On s’explique alors les têtes rasées des copains-acteurs. Puis, on entend des déclamations monter de l’étage du bas: un spectacle est en gestation. «C’est toujours comme cela», explique en souriant Aimée Boulos, directrice de l’Institut. «La nouvelle rentrée connaîtra des innovations», poursuit-elle. En effet, l’IESAV enrichit d’abord son corps professoral et accueille des cinéastes éminents résidant au Liban ou à l’étranger qui vont assurer des cours. Il comptera parmi les siens Jean-Claude Codsi, Borhan Alaouiyé, Hassan Naamani, Khalil Joreige, Michel Khleifé qui initieront les jeunes des troisième et quatrième années au cadrage à l’éclairage, à la réalisation.
Autre nouveauté, l’IESAV introduit cette fois le travail sur pellicule, c’est-à-dire le cinéma, avec des exercices de tournage et de réalisation de courts métrages en 16 mm, «le 35 étant trois fois plus coûteux», souligne Aimée Boulos. «Cette année également, des postulants pourront suivre librement un programme de formation continue en maîtrise, sans pour autant être d’astreintes à un examen de fin d’année comme les étudiants qui, eux, font le cursus complet. En d’autres termes, il s’agira, explique-t-elle, de personnes qui choisiraient l’un des cours spécialisés qu’ils pourront suivre (philosophie de l’art et de l’esthétique, sociologie de la production, analyse de film etc…)».
Un théâtre
La grande nouveauté présentée par l’IESAV pour la rentrée 97-98 est la création du «théâtre Monot». Une salle de 275 places équipée up to date et, en annexe, un petit théâtre de poche d’une cinquantaine de places qui servira d’atelier de production expérimentale. La grande salle accueillera les projets de diplômes des étudiants. Il y aura là un laboratoire permanent pour ces jeunes qui assisteront et prendront part à la création d’une œuvre, depuis l’écriture d’un texte jusqu’à la présentation finale, en passant par la confection de la maquette, des costumes, du décor, du travail en régie etc…
D’autre part, un nouveau cours vient s’ajouter au programme des études théâtrales: l’initiation à la critique.
Et, pour couronner une année riche en nouveautés, le grand cinéaste égyptien, Youssef Chahine, a donné son accord pour venir animer un séminaire de cinéma. Lors de son passage à Beiteddine où il a présenté son film «Al Massir», que la directrice de l’IESAV a pu s’entrenir longuement avec Chahine et l’inviter à l’USJ. «Il était très heureux et enthousiaste à l’idée de rencontrer des jeunes étudiants», dit-elle. «D’ailleurs, la simplicité de cet homme est désarmante».
Pour sa neuvième rentrée, l’IESAV veut enfin initier une évaluation. Une année d’évaluation de l’enseignement dispensé jusque-là. Et réfléchir à la politique à suivre les dix années à venir. «Ce programme», indique Aimée Boulos, «sera confié à un spécialiste qui l’envisagera tant de l’intérieur que de l’extérieur…»
M.C.


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