Le congrès du PCC, qui tous les cinq ans sert de plate-forme de lancement aux orientations que les autorités entendent donner au pays, sera le premier que Jiang Zemin devra affronter dans l’ombre protectrice de son mentor Deng Xiaoping, décédé en février à l’âge de 92 ans.
Le déroulement du XVe congrès, qui s’ouvrira vendredi, sera déterminant pour l’avenir du numéro un chinois, dont la position ne semble cependant pas menacée à court terme, selon des analystes.
«En fait, il ne s’agira que de la dernière d’une série de prestations» où M. Jiang s’est présenté comme le maître indiscutable du jeu, a affirmé un diplomate occidental, rappelant notamment la réunion de l’Assemblée nationale populaire (ANP, Parlement) en mars, et les cérémonies de rétrocession par la Grande-Bretagne de Hong Kong, le 1er juillet.
Jiang Zemin, qui est à la tête du PCC, de l’Etat et de l’armée, «n’a toutefois pas le même degré d’autorité que Deng. Il doit recourir davantage à la contrainte et faire davantage de concessions, mais sa position paraît solide, et pour le moment imprenable», a ajouté le diplomate.
Le contenu et le style des objectifs que le congrès se fixera pour le prochain lustre seront une bonne mesure du contrôle de M. Jiang sur l’appareil du parti et de l’Etat.
Les congrès antérieurs ont mis à l’honneur les idéologies de Mao Tsétoung et de Deng Xiaoping. Jiang Zémin n’entend pas se doter d’une doctrine faisant ombrage à celle de ses illustres prédécesseurs, mais voudra sans aucun doute laisser sa marque dans l’histoire.
«M. Jiang fera tout ce qu’il peut pour que le rapport du congrès porte sa griffe, afin de renforcer sa position de premier parmi ses pairs», selon un autre diplomate occidental.
«Il voudrait porter son étoile au même niveau que celle de Mao et Deng, et que cela soit reflété dans le document du congrès», a-t-il ajouté.
«De même qu’on a vu dernièrement l’image de M. Jiang au côté de celles de Mao et Deng, le rapport devrait explicitement lui attribuer les succès économiques de ces dernières années, en tant que «centre de la direction collégiale» du parti», selon le diplomate.
Le parti a commencé depuis longtemps à élever graduellement l’image de M. Jiang auprès de l’opinion, mais l’appareil de la propagande a mis ces derniers mois les bouchées doubles.
«Le Quotidien du Peuple» a annoncé début août la publication d’une anthologie des pensées de Mao, Deng et Jiang, censée servir d’«arme idéologique» entre les mains des membres du parti.
L’agence officielle Chine nouvelle a, quelques jours plus tard, franchi un nouveau pas, en citant des théoriciens selon lesquels Jiang Zemin a résolu des problèmes, notamment dans le domaine économique, que Mao et Deng n’avaient pas réussi à maîtriser.
Outre les orientations politiques, le congrès devra décider de mouvements de personnel qui donneront une indication non moins claire de la capacité de Jiang Zemin d’imposer ses volontés.
Le général Liu Huaqing, le seul militaire au sein de la toute-puissante commission permanente du bureau politique (composée de sept membres) et appartenant à un courant opposé à celui de Jiang Zemin, devrait prendre sa retraite à l’occasion du XVe congrès, et être remplacé par un proche du secrétaire général.
Mais le principal adversaire de M. Jiang, le président de l’ANP, Qiao Shi, pourrait conserver sa place de numéro trois au sein de la commission.
«M. Qiao pourrait garder cette place, en cédant la présidence de l’ANP. C’est probablement vers un compromis de la sorte qu’on s’oriente», a estimé un analyste. (AFP)


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