«Malgré certaines réserves, cette opération est incontournable. La France est un grand marché pour les télécommunications», explique une analyste d’une grande banque française sous couvert d’anonymat.
Jacques Chahine, directeur d’un cabinet d’analyse, souligne que des gérants disposent de liquidités car ils n’ont pas encore réinvesti toutes les sommes retirées du remboursement de l’emprunt Balladur en juillet.
Les experts estiment d’une manière générale que la valorisation de 200 milliards de FF avancée par le ministre des Finances Dominique Strauss-Kahn n’est pas très éloignée des études réalisées ces derniers mois.
Mais, expliquent-ils, le gouvernement devra accorder une réduction pouvant aller jusqu’à 20% pour séduire les investisseurs, notamment anglo-saxons.
En partant d’une valeur globale de 200 milliards de FF, Bercy ne pourrait dans ce cas obtenir que 32 milliards de FF et non 40 milliards comme espéré.
Lors de la précédente procédure, en avril dernier, les analystes financiers tablaient sur un prix de vente de 170 à 180 FF l’action. Certains pensent que le prix pourrait maintenant se situer à 150 ou 160 FF.
Des experts notent toutefois qu’à 200 milliards de FF, France Télécom ne vaut que 14 fois ses bénéfices de 1997 alors que le PER du CAC-40 se situe à 21.
A ce niveau, l’opérateur ne sera pas la première capitalisation boursière de Paris alors que cela aurait été le cas au printemps dernier. Elf Aquitaine a touché un plus haut à 775 FF le 5 septembre, établissant sa valeur à 211 milliards. Malgré un repli du cours, le groupe pétrolier vaut encore 201 milliards mardi.
Mais des analystes notent que les opérateurs de télécoms mis sur le marché ces dernières années ont vu leur cours progresser de 20 à 25% assez rapidement.
La réservation des actions est ouverte le 22 septembre. L’offre publique de vente débute le 6 octobre et la première cotation est prévue le 20 octobre à Paris. Les actions seront également cotées à New York.. (Reuter).

