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Actualités - Chronologie

Des kamikazes, mais aussi des services sociaux


Sa branche militaire, connue sous le nom d’Ezzedine al-Kassam, qui a signé une série de sanglants attentats anti-israéliens depuis 1993, ne compte qu’une centaine de membres, selon des sources palestiniennes.
Mais son réseau d’aide sociale — cliniques, garderies d’enfant, associations de charité, clubs de jeunes et même agences matrimoniales — emploie des centaines de personnes et bénéficie à des milliers de Palestiniens.
«Une large partie de la société palestinienne, pas seulement les partisans du Hamas, profite de nos services. C’est notre travail social», affirme Abdelaziz al-Rantissi, un dirigeant du mouvement à Gaza.
«En fin de compte, tout cela vise à amener les gens à la religion. Pas au Hamas, mais à Dieu», déclare-t-il.
Fondé fin 1987 dans la foulée de l’Intifada, le soulèvement palestinien contre l’occupation israélienne (1987-93), le Mouvement de la résistance islamique — dont l’acronyme Hamas signifie «ferveur» en arabe — s’est fixé comme but la création d’un Etat islamique en Palestine.
Il rejette comme le Jihad islamique, autre groupe intégriste moins influent, les accords d’autonomie signés par l’OLP avec Israël et affirme que seule la lutte armée permettra aux Palestiniens d’atteindre leurs objectifs.
Depuis la mise en place de l’autonomie palestinienne en 1994, le Hamas est devenu une organisation à multiples facettes avec une direction politique, une branche armée et un large réseau social, sans liens directs apparents.
Dans la bande de Gaza, où le Hamas est le mieux implanté, ses centaines d’associations aident les démunis, personnes âgées, chômeurs et sans-abri. Ses cliniques assurent des soins peu chers et ses écoles — du jardin d’enfants au collège — sont gratuites.

Contributions

Son influence s’exerce aussi à travers les mosquées de Cisjordanie et Gaza. «Beaucoup de religieux sont liés au Hamas et les mosquées sont un moyen très puissant de faire parvenir son message à la population palestinienne», estime Ghassan al-Khatib, analyste politique à Jérusalem-Est.
Les sondages montrent qu’après le début de l’autonomie en 1994, le soutien de la population au Hamas est tombé de 25% à quelque 10%, mais ce recul a été stoppé et le soutien reste stable depuis le gel du processus de paix, consécutif à l’arrivée au pouvoir en juin 1996 de la droite israélienne emmenée par Benjamin Netanyahu, selon M. Khatib.
Le bouclage imposé depuis trois semaines aux territoires palestiniens par Israël, qui rend le Hamas responsable de l’attentat suicide ayant fait 16 morts, dont ses deux auteurs, à Jérusalem le 30 juillet, a fait affluer les dons pour l’aide sociale du Hamas. «Nos institutions ont reçu des contributions de riches Palestiniens. Ils nous font confiance pour faire parvenir l’aide aux pauvres en temps de crise», affirme M. Rantissi, sans préciser le montant des dons.
Les responsables israéliens affirment que le Hamas recrute ses «bombes humaines» à travers son réseau d’aides sociales et exigent que l’Autorité palestinienne démantèle ses infrastructures et emprisonne ses membres par centaines.
Mais les proches du président palestinien Yasser Arafat font valoir qu’il faut distinguer la branche armée des autres institutions du Hamas, et Israël a du mal à prouver l’existence de liens directs entre les poseurs de bombes et les dirigeants politiques du mouvement.
«Le président Arafat a mis hors-la-loi toutes les branches militaires des organisations palestiniennes. Nous ne tolérerons pas les milices, mais le pluralisme politique, nous le tolérons», souligne Saëb Erakat, ministre des Collectivités locales et négociateur palestinien. (AFP)
Le mouvement intégriste palestinien Hamas, dont Israël et les Etats-Unis réclament le démantèlement, est bien plus qu’un groupuscule de kamikazes, il assure également un vaste réseau d’aides aux plus démunis des Palestiniens.
Sa branche militaire, connue sous le nom d’Ezzedine al-Kassam, qui a signé une série de sanglants attentats anti-israéliens depuis 1993, ne compte qu’une centaine de membres, selon des sources palestiniennes.Mais son réseau d’aide sociale — cliniques, garderies d’enfant, associations de charité, clubs de jeunes et même agences matrimoniales — emploie des centaines de personnes et bénéficie à des milliers de Palestiniens.«Une large partie de la société palestinienne, pas seulement les partisans du Hamas, profite de nos services. C’est notre travail social», affirme Abdelaziz al-Rantissi, un dirigeant du mouvement à Gaza.«En fin de compte, tout cela vise à amener les gens à la religion. Pas au Hamas, mais à Dieu», déclare-t-il.Fondé fin 1987 dans la foulée de l’Intifada, le soulèvement palestinien...