«La collection sortira sur le marché pendant la visite du pape», a déclaré d’emblée Denise Areal, responsable des collections de Du Loren, tout en réfutant toute intention de nuire à l’image du Saint Père ou de déclencher une quelconque polémique.
«La couleur pourpre cardinalice est une couleur belle, chic et sensuelle, a-t-elle soutenu en assurant que la griffe brésilienne cherche toujours à être d’actualité et a travaillé en ce sens sur la venue de Jean-Paul II».
La firme a à plusieurs reprises ces dernières années saisi au bond des événements d’actualité marquants et proposé dans la foulée des publicités qui y étaient directement liées: la visite l’an dernier de Hillary Clinton à Rio photographiée à son insue dans une position laissant entrevoir ses dessous et en février 1994 quand l’ancien chef de l’Etat brésilien Itamar Franco s’était fait prendre en photo à l’occasion du Carnaval 1994 en compagnie d’une actrice vêtue d’un seul T-shirt, ne cachant rien de son anatomie intime.
Du Loren, reprenant la photo de Mme Clinton, y a collé comme légende: «Monsieur le président, vous n’imaginez pas de quoi Du Loren est capable...».
A la photo du président Itamar, Du Loren avait répondu en placardant dans les rues de Rio l’affiche d’une danseuse de samba aux dessous apparents clamant: «Elle au moins elle porte une Du Loren».
«La nouvelle collection dénommée «Cardinal», de la couleur de l’étole que porte la hiérarchie ecclésiastique, est sensuelle et sophistiquée», a expliqué Mme Areal avant de relever que pour le Brésil, tout du moins, «elle sera chère en raison des ornements en strass qui la décorent».
«Nous avons voulu ce côté «glamour» et luxueux», a défendu Mme Areal.
Un mini-slip coûtera 50 dollars tandis qu’un soutien gorge, «un simple support qui ne couvre pas les seins pour les femmes qui jurent ne pas en porter» sera vendu 40 dollars, selon elle.
Mme Areal a cependant reconnu que le «dynamisme» de son entreprise dans le domaine publicitaire et «le modernisme de ses idées» a déjà causé quelques problèmes à Du Loren, dont la fabrique à Rio a été entièrement dévastée par un incendie en mai dernier.
Avec Mme Clinton, la griffe, qui fabrique 1,5 million de pièces de lingerie par mois, a été obligée de suspendre en catastrophe la campagne publicitaire dans les magazines et les quotidiens «à la demande expresse de l’ambassade des Etats-Unis» car l’affaire a frôlé l’incident diplomatique.
Cependant, plus la polémique que le lancement des sous-vêtements «Cardinal», à l’arrivée du pape pour la IIe Rencontre Mondiale des Familles, ou que la photo des dessous de Mme Clinton assortis à son tailleur, pourrait bien être la position affichée de l’entreprise en matière d’avortement.
«Nous avons fait récemment de la publicité en faveur de l’interruption légale de la grossesse, un projet de loi polémique au Brésil et dans le monde», a relevé Mme Areal pour qui «il est difficile de nos jours de soutenir le fait que des milliers de femmes décèdent des suites d’avortements clandestins». (AFP)


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