Stigmatisés par le frère de Diana en pleine cérémonie à l’abbaye de Westminster, les journaux populaires à scandales se font quasiment muets sur ce sujet et s’abstiennent de toute réaction.
Tous les titres publient d’épais suppléments spéciaux commémorant la mémoire de la princesse.
Le «Sunday Times» a vu dans les événements de la semaine écoulée, depuis la mort de Diana, les prémices d’une «révolution royale».
L’ampleur de l’émotion des Britanniques et leur mécontentement devant la réaction de la famille royale sont «le prélude à un réexamen du sens même de la monarchie et de ce que le peuple britannique en attend», écrit le journal.
La nation
contre la
tradition
«Le pays veut maintenant une royauté plus naturelle, plus proche», à l’image du New Labour de Tony Blair porté au pouvoir en mai, poursuit le «Sunday Times».
«L’Observer» barre sa Une d’un spectaculaire «La nation s’unit contre la tradition» en référence aux applaudissements qui ont salué l’hommage du comte Spencer, frère de Diana, en forme de réquisitoire contre la famille royale.
«Les vœux du peuple sont maintenant souverains; la Couronne doit suivre la direction indiquée par le peuple», affirme le journal.
Pour «l’Independent on Sunday», c’est la «survie de la monarchie» qui est en jeu et nécessite qu’elle s’adapte. Laissant entendre que le «changement» souhaité ne sera pas possible sous Elizabeth II, le journal estime qu’«une abdication quand elle atteindra 75 ans ne doit pas être exclue». La reine a 71 ans.
Le «Sunday Telegraph» affirme que les derniers événements «montrent à quel point l’institution (monarchique) est encore forte mais également à quel point elle peut s’affaiblir si elle s’accroche seulement au protocole et à une formalité fatiguée».
Tous ces journaux rappellent la lenteur avec laquelle la famille royale a répondu à l’appel populaire pour qu’elle marque plus ostensiblement le deuil.
Beaucoup de journaux s’interrogent sur le rôle du prince Charles. «L’Observer» estime qu’il devrait céder la succession au trône à son fils William. Il «sait qu’il n’est qu’un personnage de transition dans l’histoire des Windsor», affirme le «Sunday Times».
Contrairement à ses confrères de la presse de qualité qui accordent une large place aux propos virulents du comte Spencer contre la presse et le harcèlement dont sa sœur était l’objet, les tabloïds observent une discrétion frappante.
Le premier des hebdomadaires populaires, le «News of the World» de Rupert Murdoch retient seulement que le comte Spencer a «déclaré la guerre à la maison des Windsor» et se contente de reproduire l’intégralité de l’hommage du frère de Diana.
Le journal conclut ainsi son éditorial: «Un jour William (fils de Charles et Diana) sera roi. Quand William V accédera au trône, une nation reconnaissante se souviendra de Diana et dira avec fierté: il est le fils de sa mère».
Le «Sunday Mirror», qui avait publié les photos prouvant la liaison amoureuse de Diana et Dodi al-Fayed, a supprimé son éditorial estimant qu’en cette occasion les commentaires étaient «superflus». (AFP)


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