Les travaillistes entendent ainsi se démarquer de la politique laxiste du précédent pouvoir conservateur, qui avait valu au Royaume-Uni d’être considéré comme le mauvais élève de l’Europe en matière de respect des océans.
La Grande-Bretagne est régulièrement accusée par les écologistes d’avoir transformé la mer du Nord en champ de derricks et causé, par une exploitation pétrolière tous azimuts, d’importants dommages à la flore et faune marines.
La Grande-Bretagne était, en compagnie de la Norvège, le seul pays à permettre le sabordage en pleine mer ses vieilles plates-formes, arrivées à la fin de leur vie.
Désormais, couler une structure du type de Brent Spar, comme Shell avait tenté de la faire en 1995, sera quasiment impossible après l’annonce faite mardi par le ministre de l’Environnement Michael Meacher.
Le ministre a en outre déclaré que le Royaume-Uni allait symboliquement délaisser une clause d’exemption qui permettait jusqu’à présent, en théorie, le rejet dans ses eaux de déchets de faible ou moyenne radioactivité.
Ce virage en matière de politique de l’environnement a été pris à l’occasion de négociations en cours pour remodeler la Convention Oslo-Paris (OSPAR) signée par 15 pays riverains du nord-est de l’Atlantique, visant à réduire la pollution marine de la région.
Une décision
symbolique
Jusqu’à présent, France et Royaume-Uni disposaient d’une clause d’exemption pour le rejet des déchets faiblement ou moyennement radioactifs tandis que ceux à hautes radiations étaient totalement interdits.
Ces clauses devraient être supprimées pour la nouvelle mouture de la Convention qui devrait être signée à Lisbonne en juillet 1998, assure-t-on de source proche des négociations qui se tiennent cette semaine à Bruxelles.
Mais la législation internationale, signée par la France et le Royaume-Uni dans le cadre de l’Organisation Maritime Internationale (OMI) et mise en œuvre en 1994, stipule de toute façon une interdiction totale du dépôt en mer de matériel radioactif, souligne la même source.
La décision britannique est donc hautement symbolique d’autant que, selon l’association écologiste Greenpeace, la Grande-Bretagne a abandonné dès 1983 sa politique de rejet en mer de déchets radioactifs.
L’organisation a cependant «salué chaleureusement cette initiative», y voyant la récompense de 20 années de luttes.
Par ailleurs, le gouvernement britannique s’est prononcé en faveur d’une réduction progressive des émissions radioactives des centrales de retraitement des déchets radioactifs comme celle de La Hague en France ou de Sellafield en Angleterre.
La Grande-Bretagne devrait là aussi lever toutes ses objections sur un texte de l’OSPAR visant à réduire de façon «continue» ce type d’émissions «avec pour but ultime d’arriver à une concentration proche des niveaux naturels».
«Cette décision aura des conséquences énormes sur les sites britanniques de retraitement», juge Greenpeace, et signe à terme la fin de l’industrie du retraitement.
Plus spectaculairement, le gouvernement de Tony Blair s’est déclaré opposé au sabordage en pleine mer des anciennes plates-formes pétrolières sauf pour les cas exceptionnels.
Désormais les compagnies pétrolières devront prouver qu’un démantèlement à terre est à la fois dangereux et impraticable pour pouvoir envoyer au fond leurs plates-formes.
Jusqu’à présent, le pays avait adopté une politique au «cas par cas» en matière de démantèlement des structures de la mer du Nord, sans interdiction a priori du sabordage en pleine mer. (AFP)


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