Ainsi, les collections automne-hiver font la part belle aux manteaux, vestes et ornements taillés dans les poils précieux. Mais attention, il ne s’agit pas du tout du «vison de votre grand-mère»: surtout, ne le sortez pas de la naphtaline, au cas où elle vous en aurait fait cadeau, car, dans cette version, «politiquement incorrect», il est complètement, complément «out». il est demandé de le démystifier, de lui donner du tonus et de l’introduire dans la vie quotidienne des jeunes autant que des moins jeunes.
Les stylistes traitent cette année la fourrure, moins comme produit de luxe que comme une matière qui peut se conjuguer avec toutes les tenues de la vie moderne. Il n’est plus de bon ton d’arborer sa fourrure uniquement les grands soirs et d’en faire un statut social. Il faut la passer sur ses jeans ou des pantalons en gabardine et la marier avec toutes les nouveautés proposées par les nouvelles collections. En un mot, la dépoussiérer, la rajeunir, et entretenir avec elle des rapports familiers.
Sur tous les podiums, le message est clair: donner un bain de jouvence aux visons, loutres, zibeline, lynx, castor, ocelots, renard. Et aussi les colorer, sans craindre que la teinture fasse «fausse fourrure», l’authentique étant toujours reconnaissable.
Mode v/s droits
des animaux
Voici comment il est conseillé de se réchauffer cet hiver: pour les grands froids, manteaux près du corps (et non pas les amples classiques). Pour les températures plus douces, des vestes courtes à coupe sportive et pulls-over bordés de fourrure. Et, pour la fantaisie, on peut y aller non seulement des cols et des manchettes mais aussi d’ourlets de robes, fleurs taillés dans du vison, sacs (pas du tout du soir).
Au poil pour l’industrie de la fourrure qui depuis deux ans a vu son chiffre d’affaires augmenter! Pas du tout, rétorquent les avocats des «Droits des animaux». Selon eux, ce commerce et celui du vêtement sont en train de gonfler les chiffres pour pousser à la consommation. Les accusés répondent que cet intérêt pour la faune n’est en définitive «qu’une mode» qui a fait son temps.
Le ton est à la guerre. Dans un camp, comme dans l’autre, ont est persuadé de ne pas vendre la peau de l’ours. En attendant, le haut de gamme des médias de la mode ne craignent plus, comme auparavant, d’étaler sur leur une ou dans les pages intérieures, la tendance fourrure.
Celle-ci reprend du poil de la bête, car nul n’a envie de se voir dicter quoi porter ou ne pas porter, pour que la nature reste telle qu’en elle-même. Ici aussi, tout est question de style. Même au nom de la sauvegarde de l’environnement.


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