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Actualités - Chronologie

La bactérie de la peste multirésistante aux antibiotiques

Le premier cas de peste, résistant à de multiples antibiotiques, jusque-là efficaces contre cette maladie en recrudescence dans le monde, vient d’être découvert par des chercheurs des Instituts Pasteur de Madagascar et Paris.
L’émergence d’une souche de l’agent de la peste, Yersinia pestis, résistante à toute une batterie d’antibiotiques, découverte à Madagascar, est particulièrement «inquiétante», selon les chercheurs dont les travaux sont publiés dans «The New England Journal of Medecine» américain.
L’événement est d’autant plus alarmant que cette résistance a émergé dans une des espèces bactériennes les plus pathogènes pour l’homme et qu’elle pourrait s’étendre à un éventail encore plus large d’antibiotiques, ce qui rendrait de plus en plus difficile un traitement adapté.
Cette «multirésistance» risque d’atteindre d’autres régions affectées par la maladie et de se répandre à Madagascar, un des plus gros foyers de la «mort noire» dans le monde (200 cas confirmés par an, mais le chiffre est de l’ordre du millier, selon les spécialistes), met en garde le Dr Elisabeth Carniel, spécialiste de la peste à l’Institut Pasteur de Paris et auprès de l’OMS.
La souche de bactérie, baptisée Y. pestis 17/95, a été isolée à Madagascar chez un garçon de seize ans atteint de peste bubonique, prise au départ, avant l’aggravation de son état, pour un accès de paludisme (malaria).
Elle s’est révélée non seulement résistante à la streptomycine, mais également à d’autres antibiotiques recommandés par l’OMS pour le traitement et la prophylaxie de la peste ainsi qu’à certaines alternatives thérapeutiques.
Heureusement, quelques autres molécules (céphalosporines, quinolones et triméthoprime), restées actives contre le bacille, ont permis de sauver le patient, indique la chercheuse. Mais, ajoute-t-elle, même le Bactrim (nom commercial d’un médicament comprenant du trimethoprime) dont a bénéficié le jeune patient est encore cher pour un pays pauvre comme Madagascar (environ un franc le comprimé).

Événement alarmant

L’étude de la souche a permis de découvrir qu’un minuscule élément, un plasmide, recelait les gènes de cette multirésistance. Il s’agit d’une structure indépendante des chromosomes qui peut se transférer très facilement d’une bactérie à l’autre. D’où la crainte, que tel un bâton-témoin d’une course de relais, le plasmide ne transmette cette résistance à toute une population de bacilles de la peste.
La bactérie de Madagascar a peut-être récupéré ce plasmide de résistance dans son environnement naturel, par contact avec une autre enterobactérie au cours d’un de ses passages dans le sang d’un hôte infecté (homme ou rongeur) ou encore dans le tube digestif de la puce qui transmet la maladie à l’homme, avancent les chercheurs (équipes de Bruno Rasoamanana à Madagascar, du Dr Carniel et du Pr Patrice Courvalin à Paris). Ils redoutent en tout cas que cet «événement alarmant» ne se reproduise ailleurs dans le monde.
Cette résistante multiple de l’agent de la «mort noire» à toute une batterie d’antibiotiques, couramment utilisés pour traiter cette maladie dans les pays pauvres, préoccupe d’autant plus les spécialistes que cette maladie, loin d’avoir disparue de la planète, est en recrudescence dans le monde, y compris aux Etats-Unis.
La dernière pandémie partie de Hong-Kong en 1884 a débarqué dans le monde entier pour s’installer de façon durable dans des régions jusque-là indemnes: Amériques, Madagascar, Vietnam, Afrique du Sud et des épidémies sont réapparues dans des pays restés indemnes pendant quinze à trente ans, comme le Malawi, le Mozambique et l’Inde. (AFP)
Le premier cas de peste, résistant à de multiples antibiotiques, jusque-là efficaces contre cette maladie en recrudescence dans le monde, vient d’être découvert par des chercheurs des Instituts Pasteur de Madagascar et Paris.L’émergence d’une souche de l’agent de la peste, Yersinia pestis, résistante à toute une batterie d’antibiotiques, découverte à Madagascar, est particulièrement «inquiétante», selon les chercheurs dont les travaux sont publiés dans «The New England Journal of Medecine» américain.L’événement est d’autant plus alarmant que cette résistance a émergé dans une des espèces bactériennes les plus pathogènes pour l’homme et qu’elle pourrait s’étendre à un éventail encore plus large d’antibiotiques, ce qui rendrait de plus en plus difficile un traitement adapté.Cette...