Le secrétaire d’Etat à l’Industrie, Christian Pierret, a affirmé l’intention du gouvernement de créer un environnement favorable au développement de l’industrie automobile et propose de rencontrer les constructeurs français pour les aider à surmonter leurs problèmes, notamment sociaux.
Intervenant à l’Assemblée nationale dans le cadre d’une mission d’information sur la situation et les perspectives de l’industrie automobile, Christian Pierret a souligné que ces rencontres, qu’il dit rechercher avec les dirigeants mais aussi les représentants syndicaux des groupes automobiles, doivent notamment permettre de solutionner le problème de leur pyramide des âges, particulièrement déséquilibrée.
«La réflexion est sincèrement ouverte car il y a un véritable enjeu. Le gouvernement est prêt à en discuter avec les constructeurs, mais dans la limite des budgets qui sont les siens», a-t-il cependant précisé en rappelant que les propositions déposées ces dernières années par PSA Peugeot Citroën et Renault auprès du gouvernement précédent, d’Alain Juppé, se chiffraient pour l’Etat à un coût de 35 à 40 milliards de francs qui était, selon lui, impossible de supporter.
La moyenne d’âge des personnels de Renault est de 44 ans et celle de PSA de 42 ans quand elle n’est que de «20 ans et quelques» chez les constructeurs japonais et de 35 à 37 ans chez d’autres constructeurs européens, a observé le secrétaire d’Etat.
Christian Pierret n’a présenté aucune proposition. Mais après avoir souligné les difficultés actuelles de l’industrie automobile française tant en France que sur le marché européen en proie à une surcapacité annuelle de 4 millions de véhicules, il a clairement exprimé son hostilité à toute aide sectorielle ou spécifique.
Ainsi, après la «balladurette» et la «juppette», il n’y aura pas de «pierrette», a-t-il dit en réponse à une question. Il est pareillement hostile à toute mesure — coûteuse pour l’Etat — portant sur une fiscalité spécifique ou la TVA.
Au plan commercial, les constructeurs français doivent amplifier l’orientation de leurs ventes vers des zones à potentiel de croissance élevé comme l’Europe de l’Est et les pays d’Asie du Sud-est hors Japon, a-t-il déclaré.
La mutation structurelle
Par ailleurs, leur voie d’avenir est beaucoup moins dans le rapprochement capitalistique — «qui, je crois, n’est pas à l’ordre du jour», a-t-il tenu à ajouter — que dans des coopérations techniques et industrielles pour la fabrication de véhicules de niche ou d’organes mécaniques.
Au plan social, a-t-il dit, le gouvernement est prêt à examiner avec les groupes automobiles l’organisation et la réduction du temps de travail ainsi que des mesures d’âge spécifiques. Autant de sujets qui devraient, selon lui, déboucher sur «une véritable évolution entre l’Etat et les constructeurs automobiles».
Mais le secrétaire d’Etat a aussi fait valoir les efforts entrepris par les constructeurs français en matière de compétitivité, au-delà de leurs importants réductions d’effectifs.
Ainsi, PSA a l’intention de réduire ses coûts de fabrication de 20% d’ici l’an 2000, Renault de 3.000 FF en deux ans, PSA veut réduire ses frais d’achat de 25% dans le même temps et Renault les abaisser de 10 milliards. Il leur reste malgré tout à abaisser la durée de développement de leurs nouveaux modèles, un poste qui pèse pour un quart dans le prix de revient d’un véhicule. L’objectif de Renault est de le ramener à 36 mois en 1999 et celui de PSA de le limiter à trois ans. Mais le japonais Mazda parvient déjà à développer les siens en 18 mois, a-t-il noté.
Le secrétaire d’Etat a enfin souligné qu’au-delà d’une année 1996 peu brillante avec plus de 5 milliards de pertes pour Renault et un bénéfice de 730 mlns de FF seulement pour PSA, les deux groupes étaient parvenus ces dernières années à assainir leur situation financière en réduisant notamment leur endettement. C’est sur ces bases plus solides qu’ils doivent aujourd’hui affronter l’importante mutation structurelle des marchés automobiles et s’ouvrir vers la grande exportation.
Le gouvernement s’engage donc à créer les conditions d’un meilleur environnement pour cela. Mercredi, les présidents des deux groupes automobiles, Louis Schweitzer et Jacques Calvet, devaient à leur tour être entendus sur la question à l’Assemblée nationale et pourront lui répondre. (Reuter)


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