Premier à avoir accusé les paparazzi dans la mort de son fils Dodi et de la princesse Diana, Mohammed Fayed fait désormais indirectement figure d’accusé après l’annonce que l’homme conduisant le couple, un employé de son hôtel, était ivre au volant.
Dans un retournement de situation qui lui permettait de faire passer au second plan la réflexion sur son propre rôle dans la mort de Diana, la presse britannique mettait mardi en avant le taux d’alcoolémie du conducteur, le numéro deux de la sécurité du Ritz, Henri Paul.
Le «Sun», pourtant l’un des clients les plus assidus des paparazzi, pouvait ainsi se dédouaner à bon compte: «Le monde entier avait hurlé que la presse avait tué Diana… Nous avions appelé à faire preuve de prudence. Ceux dont la réaction a été d’appeler à une loi sur la vie privée pour contrôler la presse britannique devraient réfléchir à nouveau».
De son côté, le «Guardian» qualifie de «désastreuse» la décision du Ritz «de permettre à M. Paul de reconduire à domicile la princesse et son compagnon», rappelant avec insistance que l’hôtel est la propriété de M. Fayed, alors que le «Times» écrit que l’état éthylique de M. Paul «était bien connu du Ritz».
Sous le titre «Scandale», le tabloïde «The Mirror» cite un député conservateur britannique Peter Luff Mirror qui, outré, se demande «comment peut-on permettre que la mère du futur roi d’Angleterre soit conduite par un tel individu?». Pour lui, il s’agit d’une «négligence à grande échelle» et d’un «scandale».
Le «Daily Telegraph» interroge de son côté l’avocat français Henri Ader pour qui M. Fayed ferait mieux d’abandonner ses projets de poursuivre les photographes car cela pourrait se révéler «embarrassant» pour lui.
«Il y a trop de questions qui n’ont pas de réponse. Il y aura des questions sur qui était le propriétaire de la voiture et pourquoi il n’y avait pas un conducteur normal à son volant», selon Me Ader.
Placé en porte-à-faux, le représentant de M. Fayed à Londres, Michael Cole en a été réduit à tenter d’allumer des contre-feux dans les médias britanniques, condamnant l’alcool au volant en principe, mais défendant M. Paul, un employé «exemplaire».
M. Cole a répété à qui voulait l’entendre que les paparazzi qui suivaient la voiture de Diana et de Dodi Fayed s’étaient comportés comme des Indiens assiégeant «une diligence».
Interrogé par Channel Four, M. Cole a souligné que M. Fayed avait «à tout moment traité la princesse de la meilleure manière possible» et que c’était pour cette raison qu’un garde du corps qu’il employait lui avait été spécialement assigné. (AFP)


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