Quelques jours à peine après avoir dépeint les amours de la princesse avec Dodi Fayed, les journaux de la presse populaire, les tabloïdes, faisaient assaut de sobriété. «Bonne nuit, notre douce princesse», titrait le «Sun», premier tirage de la presse britannique avec environ 4 millions d’exemplaires.
Le «Mirror», deuxième quotidien par la diffusion, se contentait d’une photo de Diana en noir et blanc, et de deux dates: «1961-1997». «Sa vie est terminée et nos vies ont changé. Pour toujours. Il est difficile d’imaginer comment ce sera sans elle», dit l’éditorial du journal.
Le «Daily Star», autre tabloïd, titre sur les enfants de Lady Diana, les princes William et Harry. «Ils ont besoin de tout notre amour», remarque le journal. «Elle était à la fois une princesse, une sainte, la star des superstars de Hollywood, une petite fille solitaire et le symbole d’une mère-modèle», estime le journal.
Les journaux «de qualité», comme le «Times» et le «Daily Telegraph», ouvrent leurs éditions de lundi sur le rapatriement du corps de Diana par le prince Charles. «Le prince ramène Diana à la maison», dit le «Telegraph».
Au banc des accusés, puisque l’accident qui a coûté la vie à la princesse semble s’expliquer par une course-poursuite avec des paparazzi, les journaux continuent de s’opposer à un durcissement de la loi sur la vie privée en Grande-Bretagne.
Le chéquier
Le «Sun» demande de ne pas «blâmer la presse» pour sa mort, même s’il ne nie pas une certaine responsabilité des journaux. Le quotidien s’oppose par avance au changement de la législation, l’une des plus permissives du monde.
Le «Sun» souligne que «Diana est morte en France, pays qui a les lois sur la vie privée les plus dures qu’on puisse imaginer (...) et les paparazzi les plus sauvages».
«Aucune loi britannique ne pourrait empêcher les rédacteurs en chef en Amérique, en Asie ou en Afrique de sortir leur chéquier», ajoute «The Sun».
Le chef du service photos du «Mirror» va un peu plus loin dans l’aveu d’une responsabilité des médias. Dans un point de vue publié par son journal, Kent Gavin se dit «honteux», même s’il se démarque clairement des photographes indépendants qui pourchassaient la princesse. «La base de notre relation, c’était de savoir tracer une ligne» à ne pas dépasser.
Ces photographes indépendants sont souvent décrits comme des «étrangers» par la presse populaire, qui a toutes les peines à cacher son malaise face aux circonstances de la mort de la princesse.
Les tabloïdes sont soutenus dans leurs réticences par le «Times» qui juge qu’il n’est pas temps de légiférer. «De dures lois sur la vie privée sont en vigueur en France et elles n’ont pas empêché ces décès», note le journal.
«Parce que la soif (de photos à sensation) est insatiable partout en Europe et bien au-delà, les seuls contrôles vraiment effectifs devraient être internationaux, et pour l’instant, il n’y a pas de perspectives pour cela», renchérit «The Guardian».
Plusieurs quotidiens, à l’instar du «Daily Mail», réclament des funérailles nationales pour Diana, qui avait pourtant perdu le titre d’altesse royale au moment de son divorce, et pour qui de tels honneurs ne sont donc pas automatiques.
Le «Financial Times» estime que la famille royale devrait tirer les leçons du décès de la princesse Diana, et surtout de sa popularité. Selon le journal, la princesse avait «un grand don qui n’est guère répandu dans la famille royale britannique: la capacité à parler aux gens directement et avec sentiment». (AFP)


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