Sous le titre en une: «Le destin tragique de Lady Di», le quotidien de droite modérée «Le Figaro» écrit: «Si la disparition de Lady Di fut, ce dimanche matin, un tel choc, c’est qu’elle sembla être le fait d’un mot un peu oublié: le destin. Il ne pouvait y avoir que la fatalité pour expliquer cette mort survenue en pleine nuit, en pleine ville, en pleine vitesse, en pleine gloire — autant de mythologies de l’époque. Comme tout un chacun, Lady Diana avait une existence. Son caractère, ses bonheurs et ses malheurs en firent une légende. Qu’elle fut belle, élégante et éprouvée renforçait encore sa renommée. Les circonstances de sa mort transcendent sa vie en destinée. Est-ce parce que l’opinion avait la prescience de ce sort funeste qu’elle pardonna beaucoup? Est-ce parce qu’elle sentait que tant de douleurs et tant de scandales déboucheraient, un jour ou l’autre, sur la tragédie que la princesse fut si aimée? Car la princesse fut aimée. Elle était populaire.»
«France-Soir» qui, outre sa «une», accorde quatorze pages à la vie et aux amours de la princesse de Galles, estime que Diana a pris le risque: elle a voulu casser les schémas et bousculer les stéréotypes en mettant sa garde-robe de rêve, ses liaisons dangereuses et ses loisirs de milliardaire au service des grandes causes humaines. «Etait-ce très moral?, se demande le quotidien populaire. En tout cas, le résultat est là: en exhibant ses ensembles luxueux, ses bijoux et ses cuisses, elle a obligé une presse, dont ce n’était pas le principal souci, à faire découvrir à ses lecteurs une partie des innombrables nids de malheur que recèle notre bas, si bas monde. Ne serait-ce que pour avoir imposé cette photo d’un enfant aveugle et malade à la «une» d’innombrables journaux, il faut lui être reconnaissant d’avoir apporté son concours, fût-ce de manière non conformiste et même provocante, dans la guerre jamais terminée contre l’indifférence au malheur. Les gens de la rue l’ont compris, qui, hier, pleuraient non seulement une princesse de conte de fées broyée dans son carrosse d’acier mais aussi une gentille jeune femme au sourire tendre, si tendre...».
«Libération» (gauche) qui publie une photo pleine page de Diana, sous le titre «Une photo de trop», écrit: «La mort dans l’objectif, la mort sans phrases, mais avec l’image. Diana a disparu comme elle a vécu, par les sortilèges maléfiques de la machine à rêves. Rien que de très normal, de très compréhensible, dans la réaction de l’opinion devant la fin d’une jeune femme moderne et touchante. On ne trouvait pas chez la princesse de Galles ces petites vilenies qui écornent la réputation de tant de célébrités. Victime d’un mariage raté et de la raison d’Etat monarchique, décidée à refaire sa vie dans l’indépendance, sincèrement occupée des pauvres et des blessés de la vie, cette héroïne de papier glacé à tenu son rôle sans déchoir.(AFP)


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