Le chef du Front islamique du Salut (FIS-dissous) Abassi Madani a indiqué être prêt à lancer «immédiatement» un appel à l’arrêt des violences en Algérie dans une lettre à l’ONU, au lendemain de la plus terrible tuerie de civils en plus de cinq ans de conflit.
C’est la première fois que M. Madani, libéré de prison le 15 juillet, marque de façon solennelle sa disposition à lancer un tel appel.
Le chef du FIS indique dans ce court message en arabe, adressé au secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, être «prêt à lancer un appel pour arrêter l’effusion de sang immédiatement et préparer l’ouverture d’un dialogue sérieux (...)».
M. Madani indique notamment être décidé à agir après la succession de «tueries collectives» qui frappent le pays et en raison du «degré de pourrissement atteint par l’affaire algérienne».
Cet appel doit permettre de «faciliter l’ouverture d’un dialogue sérieux qui aboutira à une fin heureuse à la crise et mènera le pays définitivement vers le Salut, avec l’aide de Dieu (...)», écrit Abassi Madani.
Interrogé par téléphone sur sa réaction au massacre de Raïs, le plus important depuis 1992, M. Madani a répondu: «Cela ne vous suffit pas, cet acte que vous avez dans les mains?», en parlant de la lettre.
M. Madani, président du FIS, avait été placé sous liberté conditionnelle le 15 juillet après avoir passé six années en prison. Il avait été interdit de toute activité politique ou déclaration peu après sa libération par les autorités et gardait le mutisme.
Le numéro deux du mouvement dissous, Ali Belhadj, proche des groupes armés, demeure pour sa part toujours emprisonné.
L’impact sur le terrain d’un futur éventuel appel de M. Madani à l’arrêt des violences est difficile à apprécier, alors que les massacres se sont encore amplifiés au cours des derniers jours.
Le FIS dispose d’une aile militaire, l’Armée islamique du Salut (AIS), forte de plusieurs centaines d’hommes en armes. L’AIS, présente surtout dans des zones de maquis de l’Ouest et de l’Est du pays, a toujours affirmé son allégeance à la direction historique du FIS, et devrait donc répondre à un appel à un cessez-le-feu.
Le GIA et ses phalanges dissidentes, en revanche, dont les effectifs sont largement supérieurs à ceux de l’AIS, ont condamné les leaders du FIS, et refusent toute trêve ou négociation, voulant renverser la «junte» par les armes et instaurer un Etat islamique.
Le FIS et l’AIS ont dénoncé à de nombreuses reprises les massacres de civils, qu’ils attribuent au Groupe islamique armé (GIA) ou à des «manipulations» du pouvoir algérien.
Le FIS avait remporté le premier tour des législatives de 1991, qui avait été annulé, déclenchant des affrontements à grande échelle entre forces de sécurité et islamistes passés à la lutte armée. (AFP)


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