«Dans cette maison se tint le premier congrès sioniste, à l’appel et sous la direction du Dr Theodor Herzl (1860-1904), les 29-31 août 1897, qui fonda l’organisation sioniste pionnière de l’Etat d’Israël», dit une plaque sur le Stadt-Casino où se rassemblèrent 197 délégués pour l’événement historique.
Quelque 1.700 personnes venues d’Israël, des Etats-Unis et d’Europe sont attendues aux manifestations qui se sont ouvertes mardi par un congrès universitaire de trois jours et culmineront dimanche avec une cérémonie officielle en présence du président de la Knesset Dan Tichon.
Les préparatifs du centenaire ont été marqués par la longue polémique avec les organisations juives sur les relations controversées de la Suisse avec le régime nazi. Ils ont aussi souffert du blocage du processus de paix au Proche-Orient.
Les autorités ont dit craindre deux dangers: des attentats d’extrémistes palestiniens après l’explosion de bombes à Jérusalem le mois dernier et les affrontements avec le Hezbollah au Liban-Sud, sans parler de possibles violences d’organisations néo-nazies européennes.
Même si aucune menace n’a été formulée, rien n’a été laissé au hasard, a dit Markus Mohler, le chef de la police de la ville.
1.200 policiers et plus de 7000 hommes de troupe ont été exceptionnellement mobilisés. Le survol de Bâle a été interdit aux avions privés et l’armée de l’air suisse surveille l’espace aérien.
Des militaires patrouillent en canot sur le Rhin qui marque la frontière entre la Suisse, l’Allemagne et la France. Les contrôles aux frontières ont été renforcés pour empêcher l’entrée de néo-nazis.
L’armée et la police assurent la surveillance du centre-ville et des infrastructures où ont lieu les rencontres, expositions, cérémonies religieuses, pièces de théâtre et concerts.
Il y a cent ans, une plus grande discrétion avait entouré le congrès de Bâle.
«A Bâle, j’ai fondé l’Etat juif», écrivait le journaliste autrichien Herzl dans son journal intime après la réunion au Stadt-Casino. «Si j’en parlais aujourd’hui, le monde entier en rirait. Mais dans cinq ans peut-être, cinquante ans en tout cas, chacun verra que j’ai raison», ajoutait Herzl.
M. Thomas Lyssy, vice-président de la Fédération suisse des sociétés israélites, se souvient que lorsqu’il se lança il y a quatre ans, dans les préparatifs, le contexte était plus favorable.
La Suisse n’avait pas encore été accusée d’avoir blanchi l’or des nazis, refoulé vers la mort des dizaines de demandeurs d’asile juifs et conservé dans le secret de ses banques des avoirs déposés par de futures victimes de l’Holocauste.
La polémique s’est soldée par une confusion sur la représentation officielle de la Suisse et d’Israël.
Invoquant des raisons de calendrier, le président Ezer Weizman a renoncé à se rendre à Bâle.
La Suisse a refusé de déléguer son propre président, Arnold Koller, et envoie seulement la présidente du Parlement Judith Stamm, l’équivalent protocolaire de M. Tichon. (AFP)

