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Actualités - Chronologie

France : la bataille des 35 heures est lancée

Les grandes manœuvres sur la semaine de travail de 35 heures, le dossier brûlant de l’automne, ont commencé en France à un mois de la conférence nationale cruciale qui réunira gouvernement, syndicats et patronat pour débattre salaires, emploi et temps de travail.
Le patron du puissant syndicat CGT (procommuniste) Louis Viannet a annoncé que la rentrée de septembre serait placée sous le signe de «la mobilisation revendicative». Il a appelé les autres grandes confédérations syndicales à «l’unité d’action», afin d’obtenir la réduction du temps de travail de 39 à 35 heures sans perte de salaires promise par les socialistes lors des dernières élections législatives.
En juin, en présentant son programme de gouvernement, le premier ministre Lionel Jospin s’était toutefois donné jusqu’à la fin de l’actuelle législature, c’est-à-dire 2002, pour réaliser progressivement cet objectif qui fait frémir les dirigeants du secteur privé. Ils craignent qu’il n’entraîne des charges très lourdes, voire insupportables, pour les petites et moyennes entreprises.
Le gouvernement entend aussi leur demander de créer 350.000 emplois pour les jeunes dans les deux à trois ans à venir, l’idée étant que la réduction du temps de travail permettrait de relancer l’embauche.
Les dirigeants du patronat sont opposés à une réduction forcée du temps de travail, et estiment qu’une telle mesure ne peut se concevoir que dans une perspective de volontariat, à condition qu’elle puisse être accompagnée d’une réduction des charges financières pesant sur les employeurs (les charges obligatoires par emploi représentent l’équivalent de 40% des salaires) et d’une plus grande «flexibilité» des règles du travail pour accroître la productivité.

Un premier tour de table

Dans un entretien à paraître aujourd’hui dans Le Nouvel Observateur, le ministre des Finances Dominique Strauss Kahn s’est prononcé contre davantage de «flexibilité» dans les règles du travail.
Le rythme de réduction du temps de travail selon lui «dépendra des entreprises et des salariés (...) L’Etat peut inciter les partenaires sociaux à la négociation. Il peut fixer les grands principes et la date butoir de cette réduction», mais «il ne peut ni ne doit régenter l’ensemble des modalités de passage aux 35 heures».
Parmi les grands pays industrialisés, la France est l’un de ceux où la moyenne annuelle du temps de travail est la plus faible alors que le chômage bat toujours des records avec 3,1 millions de sans-emploi (12,7% des actifs).
Dès la semaine prochaine, le ministre de l’Emploi Martine Aubry va entamer un premier tour de table avec syndicats et patronat afin de préparer ses propositions, qu’elle soumettra à M. Jospin d’ici à la mi-septembre.
Mme Aubry a démenti hier travailler sur une note de ses experts préconisant l’instauration de la semaine de travail de 35 heures dès l’an 2000, une surtaxation dès le début de l’an prochain des heures supplémentaires au-delà des 39 heures hebdomadaires, et des incitations financières à la réduction du temps de travail pour remplacer d’autres mesures incitatives très coûteuses (loi Robien) prises il y a deux ans par la droite pour encourager l’emploi.
L’existence et le contenu de ce rapport avaient été révélés mardi par le journal Le Monde.
«Cette note, je ne la connais pas», a affirmé Mme Aubry en ajoutant que le dispositif présenté par Le Monde n’était «pas du tout» celui sur lequel travaillent ses services.
Les grandes manœuvres sur la semaine de travail de 35 heures, le dossier brûlant de l’automne, ont commencé en France à un mois de la conférence nationale cruciale qui réunira gouvernement, syndicats et patronat pour débattre salaires, emploi et temps de travail.Le patron du puissant syndicat CGT (procommuniste) Louis Viannet a annoncé que la rentrée de septembre serait placée sous le signe de «la mobilisation revendicative». Il a appelé les autres grandes confédérations syndicales à «l’unité d’action», afin d’obtenir la réduction du temps de travail de 39 à 35 heures sans perte de salaires promise par les socialistes lors des dernières élections législatives.En juin, en présentant son programme de gouvernement, le premier ministre Lionel Jospin s’était toutefois donné jusqu’à la fin de...