En contraste avec les pays de l’Est asiatique où la réduction du nombre des pauvres a été spectaculaire ces vingt dernières années, en Inde, les progrès ont été nettement plus modestes, relève l’Organisme international de développement dans une étude intitulée, «l’Inde: réussites et défis pour réduire la pauvreté».
Le nombre total des plus démunis est tombé de 50% de la population au début des années 50 à environ 35% aujourd’hui. Mais un accroissement démographique rapide n’a pas permis de réduire le nombre absolu de personnes vivant au-dessous du seuil de pauvreté — moins d’un dollar par jour — qui est passé de 164 millions en 1951 à 312 millions en 1993/94, ajoute la Banque. A titre de comparaison, l’Indonésie a vu en vingt ans le nombre de ses pauvres tomber de 58% à 8% de sa population.
Pour davantage faire reculer la pauvreté, la Banque encourage l’Inde — pays qui compte le plus grand nombre de pauvres dans le monde — à poursuivre et à renforcer les réformes pour promouvoir une économie de marché.
Elle insiste aussi sur la nécessité d’investir davantage dans les infrastructures et le capital humain (éducation et santé) plutôt que dans des subventions.
Alors que les subventions versées aux pauvres représentent 11% du Produit intérieur brut (PIB) du pays, les sommes consacrées à la santé et à l’éducation comptent pour moins de 5% et seulement 4% du PIB vont aux infrastructures, relève la Banque.
La construction de routes, de systèmes d’irrigation, d’électrification de protection contre les inondations, sont des outils efficaces de lutte contre la pauvreté rurale, insistent les auteurs du rapport, soulignant que 77% des Indiens pauvres vivent à la campagne.
Contrairement à des idées reçues, selon lesquelles l’expansion économique tend à marginaliser ou à paupériser une partie significative de la population, la Banque souligne qu’une croissance soutenue a été le moteur de la réduction de la pauvreté en Inde ces dernières années.
De l’indépendance en 1947 jusqu’au milieu des années 70, période au cours de laquelle la croissance économique plafonnait à 1,7% annuellement, la population vivant dans la pauvreté ne s’est réduite que de 0,9% en rythme annuel, précise le rapport.
En contraste, du milieu des années 70 à la fin des années 80, la croissance a atteint 2,5% et la pauvreté a diminué trois fois plus vite.
Si l’Inde peut maintenir la croissance de 6 à 7% des trois dernières années, le taux de pauvreté tombera de 35% actuellement à 6,3% d’ici 2.005, prédit le rapport.
Tout comme la croissance, l’investissement dans la santé et l’éducation peuvent être de puissants moyens de faire reculer la pauvreté, insiste la Banque et le bilan de l’Inde à cet égard est au mieux «très irrégulier», estime-t-elle.
L’Inde n’a pas suffisamment fait pour accroître l’accès de l’éducation aux plus démunis de sa population, affirment les auteurs du rapport, précisant que 33 millions d’enfants de six à dix ans, sur un total de 105 millions, ne sont pas scolarisés.
En 1991, le taux d’alphabétisme chez les femmes indiennes atteignait 34% et 64% pour les hommes, soit des proportions similaires à celles de l’Afrique sub-saharienne et très loin derrière la Chine avec respectivement 85% pour les femmes et 96% pour les hommes. (AFP)


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