Golf, jogging, croisière en mer, lecture, parties de scrabble avec son épouse Hillary: M. Clinton, arrivé le 17 août sur l’île de Martha’s Vineyard, au large des côtes du Massachusetts (nord-est du pays), a jusqu’à présent consacré la plus grande partie de son temps à la détente.
«Ce ne sont pas particulièrement des vacances de travail», avait averti son porte-parole à Martha’s Vineyard, Barry Toiv.
Mais le président des Etats-Unis, quoi qu’il fasse, ne sera jamais un vacancier comme les autres.
A l’instar de ce qui se passe à la Maison-Blanche, M. Clinton commence ainsi sa journée par un tour d’horizon de la situation internationale sous forme d’un rapport écrit.
Comme c’est le cas dans tous ses voyages, un membre du Conseil national de sécurité est d’ailleurs présent à Martha’s Vineyard pour la durée de ces vacances.
De la même manière, le président parle «quand c’est nécessaire» au secrétaire général de la Maison-Blanche, Erskine Bowles, indique M. Toiv.
Mais ni les évènements de Bosnie ou du Proche-Orient, ni la prochaine rentrée politique de septembre, n’accaparent l’attention du président, à en croire son entourage.
Par rapport aux années précédentes, ces vacances semblent, en effet, celles où M. Clinton passe le moins de temps aux affaires de l’Etat. Il s’agit aussi de ses congés les plus longs depuis son arrivée à la Maison-Blanche.
Tricheur au golf
Dans les deux cas rien d’étonnant, puisqu’il a été réélu l’an dernier pour un second mandat à la Maison-Blanche et qu’il n’est plus en campagne électorale, pour la première fois de sa carrière.
Malgré tous ses efforts et ceux de ses conseillers pour l’isoler du monde, il a toutefois été rattrapé, comme toujours, par les diverses affaires qui alimentent la chronique depuis qu’il est au pouvoir.
Vendredi, il a réagi par une insouciance apparente à l’annonce par un juge de Little Rock (Arkansas) que le procès pour harcèlement sexuel que lui a intenté une jeune femme, Paula Jones, s’ouvrirait en mai prochain.
En feignant l’indifférence, M. Clinton espère visiblement montrer à l’opinion publique — déjà très sceptique à l’égard de Mme Jones — que cette affaire est insignifiante et qu’il n’a rien à se reprocher.
Mais il a laissé percé son irritation dès le lendemain, lorsqu’un journaliste lui a demandé s’il avait parlé depuis la veille à son avocat, Bob Bennett. La réponse a été brève — «je n’en ai pas parlé» —, le ton sec, et M. Clinton, jusque-là de très bonne humeur, a immédiatement tourné les talons. L’actualité avait repris le dessus sur les vacances.
La Maison-Blanche fait pourtant de son mieux pour tenir à distance les journalistes, surtout lorsque les nouvelles sont mauvaises.
Mais la presse, vacances ou pas, ne le lâche pas dès qu’il quitte la résidence gracieusement mise à sa disposition par un promoteur immobilier du coin, épiant le moindre de ses faits et gestes. Y compris lorsqu’il joue au golf.
Lorsque M. Clinton a clamé haut et fort avoir réussi pour la troisième fois de sa vie un score inférieur à 80 pour 18 trous, les journalistes, qui l’avaient vu jouer trois fois sa première balle, l’ont ainsi pratiquement accusé d’être un tricheur et de nombreux articles se sont gaussés de lui.
La presse était également présente samedi soir pour recueillir ses commentaires lorsque M. Clinton, comme s’il s’agissait d’un politicien local, a visité la foire aux bestiaux locale à West Tisbury, flattant l’arrière-train d’une vache ou admirant une truie allaitant une demi-douzaine de porcelets.
Il n’y a en fait qu’à l’intérieur de sa résidence, isolée au bout d’un chemin de terre de plus d’un kilomètre, à l’entrée duquel le «Secret Service» a installé un barrage, que M. Clinton est réellement en vacances. (AFP)


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