M. Nyerere est chargé de recueillir l’avis de ces chefs d’Etat sur l’attitude à adopter après le refus du régime burundais du major Pierre Buyoya de participer à ces négociations, a indiqué à l’AFP un des participants à Arusha.
L’ajournement a été décidé après plus de trois heures et demie d’une discussion qui a réuni notamment, autour de l’ex-président tanzanien, le secrétaire général de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) Salim Ahmed Salim, l’envoyé des Nations Unies (ONU) Mohamed Sahnoun, le représentant de l’Union européenne (UE) Aldo Ajello, le ministre tanzanien des Affaires étrangères Jakaya Kikwete, et plusieurs ambassadeurs africains et occidentaux.
«Il n’y a pas d’alternative à la négociation», a affirmé Julius Nyerere pendant la réunion, a indiqué Aldo Ajello.
Un message dont le contenu n’a pas été révélé devrait être envoyé au major Buyoya.
M. Nyerere consultera les chefs d’Etat qui l’ont soutenu dans sa mission de médiateur.
Ces pays (RDC-ex-Zaïre, Ethiopie, Erythrée, Ouganda, Rwanda, Kenya, Tanzanie, Zambie, Zimbabwe) avaient décidé, 31 juillet 1996, un embargo contre le Burundi dans le but de restaurer la légalité constitutionnelle après le putsch de l’armée à majorité tutsie qui a porté le major Buyoya au pouvoir le 25 juillet 1996.
Lors d’une réunion à Kampala, il y a une semaine, les ministres des Affaires étrangères des pays de la région avaient décidé de maintenir les sanctions en attendant le déroulement de la réunion d’Arusha.
Des représentants des organisation hutues — Conseil national pour la défense de la démocratie (CNDD, rébellion hutue), la tendance du FRODEBU (Front pour la démocratie au Burundi) de Jean Minani et le FROLINA (Front de libération nationale) — sont arrivés à Arusha, tout comme des représentants d’organisations tutsies ou des personnalités indépendantes de la diaspora burundaise.
Des délégués des forces politiques burundaises de l’intérieur souhaitant participer aux négociations d’Arusha n’ont pu s’y rendre, l’avion devant aller les chercher depuis Dar es Salaam n’ayant pas reçu l’autorisation d’atterrir à Bujumbura, selon un responsable tanzanien.
Le régime burundais avait demandé un report de l’ouverture des négociations en raison de l’attitude, selon lui, du gouvernement tanzanien et de M. Nyerere.
Au gouvernement tanzanien, Bujumbura reproche depuis des mois d’abriter des sanctuaires de la rébellion hutue dans les camps proches de la frontière avec le Burundi où vivent plus de 200.000 réfugiés.
Samedi, la tension est encore montée d’un cran, lorsque le gouvernement tanzanien a accusé, à son tour, le Burundi de masser des troupes à la frontière dans le but, selon Dar es Salaam, d’attaquer des camps de réfugiés burundais.
Le ministre tanzanien des Affaires étrangères, présent à Arusha, a menacé Bujumbura de représailles militaires, si l’armée burundaise attaquait ces camps.
M. Nyerere est, quant à lui, soupçonné par Bujumbura de ne pas être un médiateur impartial.
Le conflit burundais a déjà fait, selon Amnesty International, près de deux cent mille morts. (AFP)


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