La transmission du Sida entre partenaires hétérosexuels est très limitée et la propagation de la femme à l’homme est moins importante que l’inverse, selon une des études les plus importantes jamais réalisées aux Etats-Unis.
Les taux de transmission de l’homme vers la femme est d’environ 9 pour 10.000 lorsque les partenaires ne sont pas protégés, selon cette étude réalisée par des chercheurs de l’université de Californie à San Francisco.
Les femmes ont, en revanche, huit fois plus de chances que les hommes d’être infectées, par leur partenaire séropositif, indique le principal auteur de l’enquête, le Pr Nancy Padian.
Cette étude, qui a duré dix ans (1985-1995) et porté sur plus de 400 couples dont un des partenaires était séropositif, a montré que la transmission de la maladie était très influencée par des facteurs comme le coït anal, la non-utilisation de préservatifs, la présence concomitante d’une maladie sexuellement transmissible (MST) et la consommation de drogue.
Ainsi, 22% des 77 hommes séropositifs se droguant avec des seringues ont transmis le virus à leur partenaire et 25% des 163 femmes qui étaient atteintes d’une MST ont été infectées.
Deux hommes seulement ont été infectés par leur compagne.
Le fait qu’aucune transmission ne s’est produite parmi les 25% de couples n’utilisant pas systématiquement un préservatif indique, selon les auteurs de l’étude, qu’il y a peu d’infection entre partenaires hétérosexuels et que celle-ci augmente vraiment avec la présence d’autres facteurs (drogue, MST).
«Nous connaissons un grand nombre des facteurs ayant une influence sur le risque de transmission entre une personne infectée et son partenaire hétérosexuel», note le Pr Padian dans la dernière livraison de l’«American Journal of Epidemiology». «L’élimination ou la modification de ces facteurs auraient pour conséquence une réduction de la transmission» de la maladie», ajoute-t-elle.
Les participants à l’enquête étaient interrogés, contrôlés et conseillés tous les six mois. (AFP)


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