Cinquante ans après la partition du sous-continent indien, le conflit autour de cette région de l’Himalaya occidental n’est pas prêt de toucher à sa fin, et les derniers affrontements n’ont fait qu’ajouter à sa complexité.
Tandis que l’Inde a estimé qu’environ 70 soldats pakistanais avaient été tués au cours du week-end dans les intenses duels d’artillerie, le Pakistan a affirmé que seuls trois civils avaient péri et qu’il n’y avait eu «aucune activité particulière» au Cachemire.
Chaque partie a pourtant accusé l’autre d’avoir déclenché les affrontements et de chercher à saboter toute chance de rapprochement.
Deux des trois guerres ayant déjà opposé l’Inde et le Pakistan ont éclaté à propos du Cachemire. New Delhi accuse régulièrement Islamabad de soutenir un mouvement séparatiste musulman dans la partie qu’elle contrôle dans le nord de l’Inde. Ce conflit a fait 20.000 morts depuis 1989.
L’histoire tourmentée du Cachemire remonte à 1947, lorsque les Britanniques ont procédé à une partition de l’Inde fondée sur des critères religieux.
A l’époque, le maharadjah hindou Hari Singh, qui dirigeait cet Etat et aspirait à l’indépendance, avait refusé de rejoindre l’un ou l’autre pays. Mais les Pathan, une tribu pakistanaise, avaient envahi le nord du pays et le maharadjah avait demandé l’assistance militaire de l’Inde, entraînant les deux voisins dans une guerre, à peine quelques mois après l’indépendance.
En 1965 — lors de la deuxième guerre du Cachemire — les deux pays avaient oublié qu’ils avaient accepté l’organisation d’un référendum sous l’égide des Nations Unies sur le sort du territoire. Depuis, ils campent sur leurs positions, le long de la ligne de cessez-le-feu imposée par l’ONU.
Trois régions
Pour le Pakistan, qui domine une partie de la région appelée «Cachemire libre», l’argument en faveur de sa souveraineté sur les territoires restants est simple: plus de trois-quarts des 8,6 millions d’habitants sont de religion musulmane. Par conséquent, et bien qu’un certain nombre d’hindous aient été violemment expulsés, conformément au règles appliquées lors de la partition originelle, le territoire doit lui revenir.
L’Inde, dont la constitution est laïque, estime en revanche qu’elle ne peut négocier l’abandon d’un territoire sur la base de la religion.
Mais le fils de Hari Singh, le dernier maharadjah du Cachemire, Karan Singh, estime que le problème découle d’une perception erronée de la réalité du territoire musulman: «Tout le monde semble oublier qu’il y a trois régions bien définies, dominées respectivement par les hindous, les musulmans et les bouddhistes», explique-t-il.
Des pourparlers entre le Pakistan et l’Inde ont repris en mars dernier après un blocage de plus de trois ans. Les deux parties sont tombées d’accord le mois dernier sur un calendrier de négociations prévues en septembre prochain à New Delhi, mais peu de progrès concrets ont été réalisés.
Le Cachemire était d’humeur sombre, les 14 et 15 août lorsque le Pakistan et l’Inde ont fêté leurs cinquante ans d’indépendance: «Les Indiens et les Pakistanais ont atteint l’indépendance», a déclaré Israr Khan, un Cachemiri, «nous devons encore l’obtenir. Pour nous, il n’y a pas de raison de faire la fête». (AFP)


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