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Actualités - Chronologie

Contrefaçon : cent milliards de dollars

Bronzes de sculpteurs célèbres, montres de marque, bijoux, parfums, lessives, savons, jouets, disques, mais aussi logiciels, accessoires mécaniques, tickets de restaurants, cartes de crédit et chéquiers: stimulée par la mondialisation des échanges, la contrefaçon ne s’interdit plus aucun domaine.

Installé dans un quartier résidentiel de l’ouest de Paris, le Musée de la contrefaçon présente un inventaire étonnant de copies grossières ou fidèles saisies en France. Naguère circonscrite autour du luxe, la contrefaçon a conquis de nouveaux territoires, pièces automobiles, médicaments, confiseries, alimentation, électroménager, informatique.

Les flux ne tarissent pas, en dépit de la vigilance des douaniers et des interventions souvent spectaculaires des producteurs sur le terrain – écrasement au rouleau compresseur des copies saisies ou destruction par le feu.
Le trafic transfrontière de gros conteneurs ou de camions a pris la relève de la contrebande au détail s’appuyant sur les touristes et une armée de petits commerçants.
L’Union des fabricants (UF), à la tête d’une croisade internationale contre l’industrie du faux, estime à quelque 600 milliards de francs (près de 100 milliards de dollars) le chiffre d’affaires de la contrefaçon au niveau planétaire, soit 5% environ du commerce mondial.
La France est en première ligne. Sur dix marques copiées dans le monde, sept sont françaises, représentant 30.000 pertes d’emplois, selon l’UF.

Transit turc

Si 70% de la contrefaçon vient d’Asie, 7% a pour origine l’Italie «maillot jaune de la contrefaçon en Europe», selon le directeur de l’UF, François Eysette. La Péninsule constitue une «plate-forme intégrée» du faux, avec fabriques, réseaux de distribution et flottes de transports tous azimuts, notamment vers l’Afrique et le Moyen-Orient. Cette activité illicite nourrit 500.000 personnes, d’où la réticence des autorités à aborder le problème.

La Turquie, entrée l’an dernier dans l’Union douanière européenne, est une zone de transit recherchée par les contrafacteurs asiatiques, dans le textile notamment.

Le dispositif européen de surveillance présente lui-même des faiblesses. Les contrefacteurs, à l’affût de la moindre faille, ont appris à tirer avantage de la concurrence acharnée que se livent les ports européens. La simplifications des formalités incite aux fausses déclarations et au détournement de procédures.
Le Luxembourg et la Belgique ne semblent pas pressés de transposer dans leur droit les directives européennes. Faute de sanctions, l’Europe court le risque de voir se développer une «liberté nouvelle: la libre circulation des contrefacteurs», craint M. Eyssette, qui plaide pour une attitude «offensive» des entreprises lésées.
La moisson des douanes françaises pour le dernier trimestre donne une idée de l’ampleur et de l’orientation du trafic: des fausses montres Rolex, Tag Heuer et Breitling ont été saisies à Thionville, des chemises portant des figurines contrefaites de Walt Disney ont été interceptées sur l’autoroute Paris-Bruxelles et un autre lot sur l’axe Valenciennes-Paris.
Une nouvelle forme de contrefaçon vient d’être identifiée. A Bourg-la-Reine, près de Paris, on a saisi du matériel informatique sophistiqué permettant une parfaite transposition de griffes des grandes marques sur des vêtements vierges.

Les moyens de lutte se sont perfectionnés aussi. La société française Gemplus, leader mondial de la carte à puce, vient de lancer une étiquette-radio. Dissimulée dans un produit, elle émet par fréquence radio un numéro préalablement enregistré et infalsifiable authentifiant l’original. (AFP)
Bronzes de sculpteurs célèbres, montres de marque, bijoux, parfums, lessives, savons, jouets, disques, mais aussi logiciels, accessoires mécaniques, tickets de restaurants, cartes de crédit et chéquiers: stimulée par la mondialisation des échanges, la contrefaçon ne s’interdit plus aucun domaine.Installé dans un quartier résidentiel de l’ouest de Paris, le Musée de la contrefaçon présente un inventaire étonnant de copies grossières ou fidèles saisies en France. Naguère circonscrite autour du luxe, la contrefaçon a conquis de nouveaux territoires, pièces automobiles, médicaments, confiseries, alimentation, électroménager, informatique.Les flux ne tarissent pas, en dépit de la vigilance des douaniers et des interventions souvent spectaculaires des producteurs sur le terrain – écrasement au rouleau compresseur...