Enfant chéri du chancelier Helmut Kohl, le Musée de l’Histoite allemande, inauguré en 1994, s’est donc enrichi d’une relique d’exception, qu’il expose depuis cette semaine et jusqu’au 31 août en hommage à la star décédée il y a vingt ans.
Karl-Heinz Stein, coiffeur en titre de la base américaine, avait gardé la mèche assortie d’une authentique dédicace «Loving you, Elvis Presley». Il a accepté de s’en défaire devant l’insistance financière du musée, qui refuse de révéler le montant de la transaction.
Dans la foulée, le coiffeur a également cédé le bac de rinçage et le fauteuil sur lequel le roi du rock’n roll trônait régulièrement le temps d’une coupe, entre octobre 1958 et mars 1960, qui sont exposés à côté de la mèche.
Une quinzaine de photos du «King» en uniforme, casquette militaire vissée sur sa légendaire banane, viennent compléter cette évocation.
«Au début, j’avais les mains qui tremblaient quand je le coiffais», raconte Karl-Heinz Stein, aujourd’hui âgé de 62 ans. Il a néanmoins réussi à couper plus de vingt fois les cheveux d’Elvis, mettant la banane du rocker au diapason de l’armée américaine.
L’Euphorie
Cette dernière tolérait une coupe «un peu plus longue» pour cet hôte exceptionnel «parce que ses cheveux étaient très entretenus», assure le coiffeur, qui se targue d’avoir remporté la lutte contre les pellicules de la star, menée à grand renfort de pommades spéciales.
Magnanime, le «King» laissait un pourboire royal: un dollar pour une coupe à 35 cents.
Le légendaire Elvis est entré à la caserne de Friedberg, au nord de Francfort, le 1er octobre 1958, sans que le bâtiment entre dans la légende pour autant. Du moins pas pour Anja, 16 ans, et sa sœur Julia, 13 ans, qui visitaient le musée de Bonn et semblaient faire peu de cas du passage du «King» dans leurs pays.
Intriguée par le buste en verre du rocker accolé aux précieuses reliques, Anja se penche vers son père: «Il était ici quand, déjà?» Sa jeune sœur avoue, qu’elle ignorait complètement qu’une telle personnalité avait vécu dans une caserne allemande.
«Moi, je me souviens de son arrivée en bateau à Bremerhaven, confie le père, Hartmut. C’était l’euphorie. Personnellement, je ne faisais pas partie de ses fans, mais c’est vrai qu’on était quand même enthousiaste de le savoir là. Après, il avait pris le train jusqu’à Friedberg».
Le Musée de l’Histoire allemande expose d’ailleurs une photo de cette arrivée, avec l’inscription «Welcome in Germany Elvis Presley» peint en blanc sur un wagon décati des chemins de fer allemands. (AFP)


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