Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Le sionisme , un siècle déjà

Il y a un siècle, le journaliste juif hongrois Theodor Herzl réunissait le premier Congrès sioniste à Bâle (Suisse) et lançait dans le scepticisme général un mouvement politique pour l’établissement d’un Etat juif en Palestine, deux mille ans après sa disparition.
«A Bâle, j’ai fondé l’Etat juif. Si je le disais à haute voix, cela ferait rire tout le monde. Mais dans cinq ans et certainement dans cinquante, on verra que j’ai eu raison», écrivait-il à l’époque.
Ouvert solennellement le 29 août 1897, le Congrès avait appelé à la création d’un «Foyer National juif reconnu publiquement» avec l’appui de la Turquie ou, à défaut, d’une grande puissance colonisatrice européenne.
Aujourd’hui, l’Etat d’Israël est une réalité, acceptée bon gré mal gré même par les adversaires les plus déterminés du sionisme. Mais le résultat est loin d’être à la hauteur du «rêve».
«L’essentiel pour Herzl, c’était que les juifs deviennent maîtres de leur destin quelque part sur terre — pas nécessairement en Palestine — et pour y parvenir il misait avant tout sur un soutien international. En ce sens, son projet a abouti», constate l’historien du sionisme David Vital.
Vingt ans après le Congrès de Bâle, la Grande-Bretagne reconnaissait par la Déclaration de Balfour le droit des juifs à un «Foyer National» en Palestine, qui se transforma en Etat en 1948, malgré l’opposition des Arabes dépossédés de leur patrie.
Mais Herzl croyait que le mouvement qu’il lançait réglerait le problème juif en Europe de l’Est, où il se posait de façon dramatique.
Or, rappelle le professeur Vital, de l’université de Tel-Aviv, «durant la Seconde Guerre mondiale, au moment où les juifs en avaient le plus besoin, la Palestine sous mandat britannique n’a pas su servir d’abri à eux qui deviendraient les victimes du génocide nazi».
«Et quand les portes se sont ouvertes à l’immigration massive après 1948, la majorité des juifs ont choisi de rester dans la diaspora, sauf ceux qui n’avaient pas d’autre choix», souligne-t-il.

Mutation

A cet échec partiel s’ajoute une mutation du sionisme qui, depuis 1967, s’est imprégné de concepts mystiques étrangers aux idées de ses fondateurs.
«Même si la dimension religieuse a toujours été présente, le sionisme constituait une révolte contre la tradition ancestrale qui liait le retour vers la Terre promise à la venue du messie», relève ce chercheur.
Les rabbins orthodoxes tiraient d’ailleurs à boulets rouges au début du siècle contre le sionisme «impie», qu’ils accusaient de vouloir faire des juifs un peuple comme les autres.
Mais depuis la guerre de juin 1967, un courant religieux a vu dans les conquêtes de l’armée israélienne un signe de la «rédemption» prochaine. Prenant la tête du camp nationaliste, il a joué un rôle décisif dans l’accession de la droite au pouvoir en 1996.
Le politologue Ilan Pepe, chef de file des historiens israéliens contestataires, reconnaît au sionisme des succès indéniables, comme la renaissance de la langue hébraïque.
Mais il considère que le mouvement a subi un échec flagrant en s’avérant incapable de parvenir à la paix avec les Arabes, ce qui pose à long terme un problème pour la sécurité, voire l’existence d’Israël.
«Le sionisme a un moment brandi le slogan mensonger du «Pays sans peuple pour un peuple sans pays», mais la Palestine était bel et bien peuplée, comme s’en sont rendus compte les premiers colons juifs. Ils ont vite compris que le conflit serait inéluctable avec la population locale, contrairement aux illusions que pouvait nourrir Herzl qui vivait dans la diaspora», note M. Pepe, chercheur à l’université de Haïfa, dans le nord d’Israël.
En 1993, le sionisme semblait pourtant bien prêt d’obtenir une reconnaissance éclatante au sein du monde arabe lorsque le chef de l’OLP Yasser Arafat reconnut le «droit à Israël de vivre en paix et en sécurité».
En échange, le premier ministre Yitzhak Rabin reconnut l’OLP et les «droits légitimes du peuple palestinien». Deux ans plus tard, il était assassiné par un extrémiste juif agissant au nom du sionisme. (AFP)
Il y a un siècle, le journaliste juif hongrois Theodor Herzl réunissait le premier Congrès sioniste à Bâle (Suisse) et lançait dans le scepticisme général un mouvement politique pour l’établissement d’un Etat juif en Palestine, deux mille ans après sa disparition.«A Bâle, j’ai fondé l’Etat juif. Si je le disais à haute voix, cela ferait rire tout le monde. Mais dans cinq ans et certainement dans cinquante, on verra que j’ai eu raison», écrivait-il à l’époque.Ouvert solennellement le 29 août 1897, le Congrès avait appelé à la création d’un «Foyer National juif reconnu publiquement» avec l’appui de la Turquie ou, à défaut, d’une grande puissance colonisatrice européenne.Aujourd’hui, l’Etat d’Israël est une réalité, acceptée bon gré mal gré même par les adversaires les plus...