Qu’est-ce qui les motive? «Un pays»... «Il suffit de regarder autour de soi»... «Les gens centrent leur énergie sur la reconstruction et il y a par ailleurs une jeunesse qui souffre alors qu’elle doit constituer le pilier de toute reprise. N’est-elle pas l’avenir»... Des réponses qui se passent de tout commentaire.
«Nous sommes une association apolitique, aconfessionnelle et notre seul but est de venir en aide aux enfants défavorisés». Ils passent donc leurs vacances à s’occuper de leurs protégés. Ils organisent des cours de rattrapage scolaire, de mise à niveau pour la langue française. A travers des activités dans la nature, des sorites, des séances de loisirs, ils essayent d’insuffler aux jeunes de 5 à 16 ans le sens civique et le respect de l’environnement.
Leur expérience leur donne des «ailes», d’où leur sigle. La première action, timide, avait été l’animation d’une soirée et d’une pièce de théâtre présentées aux handicapés de Zawrak pour Noël 1995.
Depuis, les membres de l’association n’arrêtent pas. Ils ont réussi à intéresser à leur initiative le ministère français de l’Education et de la Culture et le Centre Georges Pompidou qui les soutiennent. L’été dernier, ils avaient créé SELF (service d’enseignement de la langue française) pour les enfants du village SOS de Bhersaf. Une centaine d’enfants en avaient bénéficié. «Il s’agissait de leur assurer également un soutien moral. Nous avions tissé des liens d’amitié»...
Ecoles
publiques
L’initiative a été concluante. Cette année, en plus de Bhersaf, AILE élargit SELF aux enfants des écoles publiques de Beyrouth qu’elle accueille à l’école Saint-Charles des Sœurs de la Charité d’Achrafieh. Cette institution pour enfants défavorisés fait participer ses propres élèves à l’activité et met gracieusement ses locaux à la disposition de l’association. Plus de 250 jeunes venant d’une quinzaine d’établissements de divers quartiers de la capitale prennent ainsi part à ces cours de mise à niveau, au rythme de deux cours par semaine à raison de trois heures chaque fois. A Bhersaf ils sont une centaine de jeunes de la 11e à la Seconde qui bénéficient de ces stages trois fois par semaine et trois heures chaque fois. Ainsi, ce sont de véritables écoles avec des instituteurs, des récréations, des devoirs et des corrections qui se sont installées tant à Bhersaf qu’à Achrafieh six semaines durant. Les sorties-cinéma, gracieusement offertes, sont un plus de détente et une façon comme une autre de renforcer le langage; tout comme les excursions, les séances de guitare et de chant animées par les jeunes du groupe. Pour les grands, des débats informels sur des sujets de société qui contribuent, non seulement à améliorer le niveau du français et la culture générale, mais aussi à forger la réflexion, alors qu’ils sont souvent occupés à des besoins bien plus terre à terre, pour des raisons tout à fait évidentes.
Un autre projet est le bibliobus que les jeunes d’AILE préparent pour la région du nord avec la collaboration du CCF de Tripoli. L’expérience du Chouf les a encouragés. Les livres du Centre culturel français constitueront la base de cette opération. C’est là qu’intervient le soutien du ministère français de l’Education et de la Culture qui offre des stages d’un mois en France aux personnes qui s’occuperont de cette bibliothèque ambulante. La Fondation Hachette a promis une fourniture et même un soutien financier.
Autre projet sur lequel planchent ces jeunes que rien n’arrête, est d’aider la Faculté des Beaux - Arts de l’UL à s’équiper en livres et revues spécialisées afin que les étudiants de leur âge puissent rester à jour. «Pour cette action, tout sera prêt en novembre», affirme un cadre de l’association.
A long terme, AILE veut mettre en place un centre pédagogique dans un quartier populeux. Bibliothèque, salle de jeux multimédias avec des logiciels français, ateliers de travaux manuels intéresseront des jeunes qui passent aujourd’hui le plus clair de leur temps dans la rue. Il s’agira, en somme, d’assurer aux enfants du quartier et d’ailleurs un encadrement parascolaire.
Côté financement, les jeunes de l’association sont confiants. En sus des cotisations, nous organisons des soirées, des tombolas, nous avons des sponsors de temps en temps et des donateurs que nous espérons plus nombreux.
A bon entendeur, et à votre bon cœur, salut...
M.C.


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