Dans cette prison, les mutins ont tué dimanche, au couteau ou bien en les battant à mort, neuf prisonniers soupçonnés d’être des homosexuels ou des informateurs. Ces nouveaux meurtres portent à seize le nombre de prisonniers tués depuis le début du mouvement.
Les mutins ont également forcé l’entrepôt d’armes de la prison, s’emparant de couteaux et de machettes, et ont réussi à détruire le système central de contrôle, rendant difficile aux forces de sécurité de reprendre la maîtrise de la prison. Dimanche, des hélicoptères pleins de soldats survolaient la prison pour tenter de venir à bout de la mutinerie.
Ce mouvement a commencé avec l’annonce mardi dernier que les autorités avaient décidé, pour enrayer la propagation du virus VIH, de distribuer des préservatifs aux détenus et aux gardiens de prison.
Ces derniers s’étaient indignés, estimant que cela revenait à les accuser d’entretenir des relations homosexuelles avec ceux qu’ils ont mission de surveiller, et s’étaient faits porter malades.
Le mouvement avait fait monter la tension dans les prisons, déclenchant des mutineries. Mercredi, deux détenus soupçonnés d’homosexualité étaient tués au pénitencier central. Jeudi le feu était mis dans un autre établissement, faisant deux morts, dont un brûlé vif. Vendredi deux autres prisonniers étaient tués lors de la reprise en main de la situation par les autorités. Un autre prisonnier a été brûlé vif à la prison de Ste-Catherine, tandis que les détenus d’un centre de réhabilitation se mettaient en grève de la faim.
Les gardiens ont depuis repris le travail, à la suite de la suspension du directeur des prisons, à l’origine de la décision.
Le nombre de détenus séropositifs n’a pas été précisé de source officielle, mais cinq malades du sida ont bénéficié d’une mesure de grâce l’an dernier. (AFP)

