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Actualités - Chronologie

Même en vacances, Clinton suscite la polémique

Même en vacances loin de Washington, le président Bill Clinton continue de susciter la polémique, en raison de sa décision d’accepter une fois de plus l’hospitalité d’un richissime homme d’affaires.
Arrivé dimanche soir à Martha’s Vineyard, petite île au large du Massachusetts (nord-est) et lieu de villégiature de la jet-set, M. Clinton, qui compte y rester jusqu’au 7 septembre, loge, comme en 1994, dans la luxueuse propriété de Richard Friedman, un promoteur immobilier de la région.
Compte tenu des loyers exorbitants pratiqués sur l’île durant l’été, ces trois semaines passées dans cette ferme rénovée représentent un cadeau d’environ 60.000 dollars pour M. Clinton, selon l’estimation d’une agence immobilière de Marha’s Vineyard.
Dans le même temps, M. Freidman est engagé dans une bataille avec l’administration afin de faire accepter deux projets dans le Massachusetts, dont la construction d’un hôtel de 350 chambres à Boston, ce qui a amené certains à se demander si sa générosité était vraiment désintéressée.
L’affaire née du financement douteux de la dernière campagne électorale des démocrates, qui continue d’empoisonner la Maison-Blanche, porte justement sur ce problème: les éventuelles faveurs accordées par M. Clinton à des hommes d’affaires, américains ou étrangers, en échange de juteuses contributions.
L’affaire fait l’objet depuis juillet d’auditions devant une commission sénatoriale qui doivent reprendre le mois prochain, ainsi que d’une enquête du département de la Justice. M. Clinton a toujours nié avoir accordé le moindre privilège à quiconque en échange de contributions à sa campagne, et rien pour l’instant n’est venu le contredire.
Le président considère M. Friedman «comme un ami» et «apprécie l’hospitalité», commente un porte-parole de la présidence à Martha’s Vineyard, Barry Toiv, qui qualifie la situation de «parfaitement appropriée».
Mais tout le monde n’est pas d’accord. «Il est déplacé pour le président de se compromettre vis-à-vis de personnes fortunées qui peuvent attendre quelque chose de l’Etat», déclare Ellen Miller, directrice de «Public Campaign», un organisme de Washington militant pour l’assainissement du système politique américain.
En politique, souligne-t-elle, les apparences sont plus importantes que la réalité et «un président devrait se montrer plus sensible à l’apparence d’un conflit d’intérêt».
Alan Lichtman, expert de la présidence à l’Américain University de Washington, désapprouve également la décision de M. Clinton d’accepter une telle faveur, alors que sa conduite lors de la campagne de 1996 reste sujette à caution.
A sa place, déclare-t-il, «je ferais tout ce que je peux pour garder mes distances et ne pas accepter de cadeaux de gens fortunés».
La situation lui paraît d’autant plus curieuse que M. Clinton appartient à la famille démocrate, normalement associée à la défense des milieux modestes.
Mais ces liaisons dangereuses n’ont jamais gêné M. Clinton, qui, bien que se voulant le champion des classes moyennes et de l’Amérique profonde, a un goût très prononcé pour les célébrités et les millionnaires en tous genres, à commencer par ceux d’Hollywood.
Son séjour à Martha’s Vineyard constitue ses 10e vacances depuis son arrivée à la Maison-Blanche, toutes offertes gracieusement par un «ami», le plus souvent un généreux contributeur du Parti démocrate qu’il connaît à peine, mais pour lequel son association avec le président représente une publicité qui n’a pas de prix.
Il est vrai que contrairement à ses prédécesseurs républicains, qui avaient une fortune personnelle, Bill Clinton ne possède aucune propriété. Ronald Reagan, par exemple, s’échappait dès qu’il le pouvait à «Rancho del Cielo», son ranch de Californie, alors que George Bush passait ses vacances dans sa résidence de Kennebunkport (Maine).
Mais Mme Miller fait remarquer que M. Clinton n’est pas le seul dans ce cas, la majorité des Américains n’ayant pas non plus de résidence secondaire. «Il n’a pas à vivre comme un roi simplement parce qu’il est président», estime-t-elle. (AFP)
Même en vacances loin de Washington, le président Bill Clinton continue de susciter la polémique, en raison de sa décision d’accepter une fois de plus l’hospitalité d’un richissime homme d’affaires.Arrivé dimanche soir à Martha’s Vineyard, petite île au large du Massachusetts (nord-est) et lieu de villégiature de la jet-set, M. Clinton, qui compte y rester jusqu’au 7 septembre, loge, comme en 1994, dans la luxueuse propriété de Richard Friedman, un promoteur immobilier de la région.Compte tenu des loyers exorbitants pratiqués sur l’île durant l’été, ces trois semaines passées dans cette ferme rénovée représentent un cadeau d’environ 60.000 dollars pour M. Clinton, selon l’estimation d’une agence immobilière de Marha’s Vineyard.Dans le même temps, M. Freidman est engagé dans une bataille...