Un homme d’affaires israélien, Nahum Manbar, accusé de «collusion avec l’ennemi» pour avoir vendu à l’Iran du matériel destiné à la production d’armes chimiques, est actuellement jugé à huis clos par un tribunal de Tel-Aviv.
Selon Me Avi Richman, un des avocats de l’accusé, les sociétés telles que Elbit, spécialisée dans l’électronique, Shalon, Rabitex ont vendu du matériel militaire à l’Iran par l’intermédiaire de son client.
La télévision a estimé que M. Manbar avait été arrêté sous la pression des Etats-Unis et qu’il était «loin d’être le seul» à être impliqué dans des transactions avec l’Iran.
M. Manbar a toujours affirmé que les autorités israéliennes étaient au courant de ses activités avec l’Iran.
Un porte-parole du ministère de la Défense a déclaré que toutes les ventes à destination de l’Iran ont été gelées depuis 1979, après l’instauration de la république islamique. Auparavant, à l’époque du Shah, l’Etat hébreu était un des principaux fournisseurs d’armes de l’Iran.
Un consultant du ministère de la Défense spécialisé dans les exportations, le général de réserve Avraham Bar David, a pour sa part affirmé qu’il était pratiquement impossible d’exporter des armes sans que le ministère de la Défense en ait connaissance.
D’autres importantes entreprises d’armement telles que El-Op et Sultan ont de leur côté engagé des négociations avec des intermédiaires iraniens pour des contrats qui n’ont finalement pas été conclus, toujours selon la télévision.
Une partie de ces marchés aurait été réalisée grâce à de faux certificats affirmant que le matériel exporté était destiné notamment à la Pologne et non à l’Iran, a ajouté la télévision, qui a précisé que son enquête avait été soumise à la censure militaire.
Toutes les entreprises mises en cause ont démenti officiellement ces informations, mais selon la télévision les versions données «hors caméra» par les responsables de ces sociétés étaient «bien différentes».
Théoriquement toutes les exportations d’armes israéliennes ou même toutes négociations en vue de conclure d’éventuels marchés doivent obtenir au préalable le feu vert de SIBAT, un organisme dépendant directement du ministère de la Défense.
«Si quelqu’un souhaite passer outre une interdiction, les autorités n’hésitent pas à le faire savoir et de façon parfois brutale», a ajouté M. Bar David sans donner d’autres détails.
Selon des éléments de l’acte d’accusation qui ont été rendus publics, M. Manbar a gagné 16 millions USD entre 1991 et 1994 en vendant à l’Iran de la technologie et du matériel susceptibles d’aider à produire du gaz moutarde et des gaz innervants.
M. Manbar qui vivait depuis 1985 en France, avait été secrètement arrêté le 27 mars à sa descente d’avion à Tel-Aviv, mais sa détention n’a été révélée que le 16 avril. (AFP)


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