Comme le marché s’y attendait, elle n’a pas modifié le taux d’escompte, qui reste à 2,50%, ni le Lombard maintenu à 4,50%.
L’inconnue sera donc désormais le taux des pensions, fixé à 3,00% depuis un an et que la Buba annonçait lors de ses conseils bi-mensuels depuis un an et demi.
La prise en pension est une opération par laquelle une banque centrale offre aux autres banques des effets à court terme, à taux fixe ou variable, qu’elle s’engage à racheter à l’issue d’un délai convenu.
Par ce moyen, où le taux d’intérêt joue un rôle pivot, elle régule le mouvement des liquidités sur le marché monétaire. C’est l’un des principaux instruments de politique monétaire.
«Avec un risque de changement de taux chaque semaine, ce sera le moyen le plus efficace de soutenir le mark plutôt que de relever effectivement les taux et épuiser d’un coup ses munitions. C’est une décision stratégique qui n’a pas d’implication pour le niveau des taux d’intérêt actuellement, mais la Bundesbank se donne ainsi les moyens d’agir rapidement si le mark se déprécie trop», commente Holger Fahrinkurg (UBS).
Ros Lifton (HSBC) pense qu’il «est évident qu’à un stade ou un autre, la Bundesbank devra relever ses taux. La décision d’aujourd’hui est un pas dans cette direction, même si elle n’est que technique. C’est un coup de semonce pour le marché des changes».
L’institut de recherche économique Ifo écrit dans ses dernières perspectives que la Buba relèvera ses taux directeurs d’un demi-point de pourcentage au début de 1998 et que ceux du marché monétaire suivront le mouvement.
Lors de sa précédente réunion du 24 juillet, avant son départ en vacances pour quatre semaines, le conseil de la Bundesbank avait troublé le marché en décidant de fixer à 3,0% son taux de prises en pension pour les deux semaines suivantes seulement, et non pas pour la totalité de son congé, comme le marché s’y attendait.
Pour les professionnels du marché, il y avait de la hausse des taux dans l’air. Mais les responsables de la Buba s’en sont tenus à laisser le doute planer pour finalement garder le taux de 3,0% sur toute la durée de leurs vacances.
«La Bundesbank a renoué avec son ancienne pratique en ce qui concerne l’annonce des modalités des appels d’offres», a déclaré un porte-parole de la Buba à l’issue du conseil.
La banque centrale se réserve désormais la possibilité d’opter entre deux taux, fixe ou variable, de relever le premier le cas échéant, voire de fixer deux appels d’offres parallèles, l’un fixe l’autre variable.
C’est d’ailleurs ce qu’avait laissé entendre le vice-président Johann Wilhelm Gaddum la semaine dernière en disant que la banque voulait se donner plus de marge de manœuvre en divulguant d’une semaine sur l’autre les modalités de ses opérations sur le marché monétaire plutôt que quinze jours à l’avance.
«Je pense que cette décision révèle un nouvel état d’esprit au conseil où les «faucons» réclament un durcissement de la politique monétaire auquel les «colombes» s’opposent. Il est probable que d’ici la fin de l’année, la Bundesbank resserrera le crédit par le biais d’une hausse du taux des pensions», estime Thomas Mayer (Goldman Sachs). (Reuter)


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