En poste depuis 1994, Alexandre Kotiolkine sera remplacé par Evguéni Ananiev.
Âgé de 48 ans, ce dernier est président du Conseil de direction de la MAPO, banque étroitement liée à l’avionneur Mig.
Le nouveau responsable de Rosvooroujénié devra, dans un délai de deux mois, présenter un nouvel organigramme de la société, désormais ravalée au rang de simple intermédiaire mandaté par l’Etat.
Selon le Kremlin, les ventes d’armes seront placées sous le contrôle direct du cabinet des ministres.
Ce dernier exercera sa tutelle sur les trois sociétés choisies pour servir d’intermédiaires entre la Russie et les éventuels acheteurs ou vendeurs: Rosvooroujénié, Promexport et une nouvelle entreprise répondant au nom de Technologies Russes.
Il ressort du décret présidentiel publié hier que les fabricants d’armes auront, sur autorisation spéciale du chef de l’Etat, le droit de vendre leur production ou leur savoir-faire à des Etats étrangers.
Certains d’entre eux — comme MiG — pouvaient déjà exporter une partie de leur production sans passer par Rosvooroujénié. Les deux sociétés s’étaient à plusieurs reprises positionnées comme concurrentes.
Conformément à l’un des trois décrets présidentiels relatifs à cette réorganisation publiés hier, le ministère de la Défense pourra, par l’entremise de Promexport, écouler à l’étranger ses équipemens rendus surnuméraires par la réforme de l’armée.
Les recettes ainsi collectées seront versées sur un compte spécial du ministère et serviront à financer la réforme, précise le Kremlin.
10 milliards de dollars
de commandes en 1997
Au cours de sa dernière conférence de presse en qualité de directeur général de Rosvooroujénié, Alexandre Kotiolkine avait déclaré mercredi qu’il escomptait pour 3,5 milliards de dollars de nouveaux contrats d’ici à la fin de l’année, dont 2,8 milliards d’équipements navals.
Selon lui, cela devrait porter à 10 milliards de dollars le montant des commandes pour 1997.
«Cela voudra dire que, pour la première fois de toute l’histoire de la Russie, nous allons dépasser les Etats-Unis pour ce qui est des contrats fermes», a-t-il dit à l’occasion du salon aéronautique de Joukovski, dans la banlieue de Moscou.
A en croire un rapport du Congrès américain publié cette semaine, les Etats-Unis ont exporté pour 11,3 milliards d’armements divers en 1996. La Grande-Bretagne arrive en deuxième position avec 4,8 milliars de dollars, suivie par la Russie, créditée de 4,6 milliards de dollars de contrats.
La Chine, l’Inde, la Malaisie et certains Etats arabes comptent parmi les meilleurs clients de l’industrie d’armements russe. Pour compenser la perte de l’ancien bloc soviétique, Moscou a récemment entrepris de conquérir de nouveaux marchés, dont la Colombie, le Vénézuéla, Chypre et la Corée du Sud.
L’Indonésie a annoncé ce mois-ci son intention d’acquérir une douzaine de chasseurs Soukhoï Su-30k et huit hélicoptères MI-17-1V.
L’URSS exportait en moyenne pour 14 milliards de dollars d’armes et de matériel militaire par an. La plupart de ces contrats étaient toutefois réalisés sous forme de troc.
Selon son porte-parole, interrogé par radio Maïak, Boris Eltsine a choisi de consacrer sa traditionnelle allocution radiophonique à l’industrie aéronautique et spatiale. (Reuter)


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