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Actualités - Chronologie

Honduras : l'évasion par l'incendie des prisons

Incendier les prisons: telle est la nouvelle façon pour les prisonniers honduriens de s’évader de l’enfer des cellules infâmes où ils croupissent entassés, mal nourris sans soins et pour 90% d’entre eux sans jamais avoir été jugés.

Depuis la semaine dernière, plusieurs centaines de détenus ont mis le feu à trois prisons et se sont mutinés dans quatre autres. Deux ont été tués par les forces de l’ordre, dix blessés et des 500 évadés 218 courent toujours.
Le mouvement avait débuté dès le mois de mai, dans la prison de Choluteca au sud du pays, réduite en cendres par ses 575 détenus.
Il y a une semaine les 490 prisonniers du pénitentier de Santa Barbara, au nord-ouest du pays, ont mis le feu à la cellule numéro trois et l’ont laissé se propager. Les pompiers ont mis plus de deux heures à arriver. La prison n’est plus qu’un amas de ruines fumantes. Plus aucun prisonnier n’est là.
«Ils avaient peur de brûler», dira la directrice des centres pénitenciers Romelia de Artica...
Deux cent soixante-douze seront capturés ou, ne sachant où aller, se rendront d’eux -mêmes dans les heures qui suivent. Parmi les 218 qui ne rentrent pas, certains sont considérés comme particulièrement dangereux. Six cents policiers et militaires sont mobilisés pour tenter de les retrouver. Le Guatemala voisin renforce la surveillance de la frontière.
Le même jour, 264 détenus incendient le pénitencier de Trujillo, sur l’Atlantique avant de fuir. Deux jours plus tard, la prison de Santa Rosa de Copan, dans le nord-ouest, brûle à son tour à 90%, à la suite d’un court-circuit qui n’a rien de fortuit mais plus d’une centaine de policiers et soldats réussissent à empêcher l’évasion des 450 locataires.
Le même jour encore, des mutineries éclatent aux quatre coins du pays dans les centres de détention de Danti, Olanchito, Tela et Gracias. Les prisonniers attaquent gardiens, policiers et soldats à coups de tessons ou de pierres. Les forces de l’ordre ripostent par des tirs.
Selon les autorités, des narcotrafiquants derrière les barreaux auraient payé les prisonniers pour incendier les prisons et favoriser ainsi leur évasion.

Désespérance

Cependant dans les 24 prisons du pays — souvent des casernes datant du siècle dernier —, la même désespérance règne devant le surpeuplement, le manque de soins médicaux, la mauvaise alimentation et surtout la lenteur des procès.
Au pénitencier central de Tegucigalpa, 3.081 prisonniers logent dans des installations prévues pour 300, selon son directeur Wilfredo Alvarez. Dans l’ensemble du pays 9.567 personnes occupent des prisons prévues pour 5.000.
Seuls 870 détenus ont été condamnés. Les autres «voient leur vie se consumer» pendant des années sans que jamais la justice ne se prononce sur leur sort.
Il y a deux ans, un homme détenu pour le vol de crayons avait eu la chance d’attirer l’attention sur lui: il se trouvait en prison depuis seize ans sans jamais avoir vu le moindre juge.
Le cas n’est pas isolé.
En décembre dernier le Parlement a adopté une «loi du prisonnier non condamné» qui prévoyait la libération de tous les prisonniers ayant purgé une peine équivalente à celle infligée pour le crime dont ils étaient accusés. Par manque de moyens, elle n’avait débouché que sur la libération de 374 d’entre eux.
Aujourd’hui la revendication dans les assemblées générales célébrées dans les cours des prisons est unanime: «Amnistie générale».
En réponse le gouvernement du président conservateur Carlos Reina a formé deux commissions pour réfléchir sur les solutions à la «crise des prisons» tout en décrétant la «militarisation» des établissements. (AFP)
Incendier les prisons: telle est la nouvelle façon pour les prisonniers honduriens de s’évader de l’enfer des cellules infâmes où ils croupissent entassés, mal nourris sans soins et pour 90% d’entre eux sans jamais avoir été jugés.Depuis la semaine dernière, plusieurs centaines de détenus ont mis le feu à trois prisons et se sont mutinés dans quatre autres. Deux ont été tués par les forces de l’ordre, dix blessés et des 500 évadés 218 courent toujours.Le mouvement avait débuté dès le mois de mai, dans la prison de Choluteca au sud du pays, réduite en cendres par ses 575 détenus.Il y a une semaine les 490 prisonniers du pénitentier de Santa Barbara, au nord-ouest du pays, ont mis le feu à la cellule numéro trois et l’ont laissé se propager. Les pompiers ont mis plus de deux heures à arriver. La prison...