Hussein Aïdid, qui contrôle le sud de Mogadiscio, est arrivé dans la capitale kenyane et l’envoyé spécial de l’ONU devait y arriver incessamment dans le cadre d’une tournée dans la région commencée depuis deux semaines.
Hussein Aïdid reste le principal chef de guerre du sud à convaincre de participer à une conférence de réconciliation. La mission sera d’autant plus difficile que M. Kittani, nommé une première fois par l’ONU en Somali, peu avant le déploiement militaire américain en décembre 1992, a été en butte à l’hostilité des partisans du père d’Hussein Aïdid, qui le considérait comme «un ennemi de la Somalie».
Le Conseil national de salut (NSC) mis en place en janvier dernier par 26 factions somaliennes à Sodere (Ethiopie), à 200 kilomètres à l’est d’Addis-Abeba, propose une conférence de réconciliation en novembre à Bossasso (nord ouest de la Somalie).
La faction de Hussein Aïdid, le Congrès somalien unifié/Alliance nationale somalienne (USC/SNA) s’était tenue à l’écart de la réunion fondatrice du NSC.
Au nord, le président du Somaliland autoproclamé indépendant Ibrahim Igal ne veut pas participer à une telle conférence. Que les factions du sud se mettent d’abord d’accord et ensuite nos pourrons négocier une coopération, dit-il.
Cette semaine, Hussein Aïdid, qui s’est lui aussi autoproclamé président somalien et qui refusait jusqu’alors tout compromis, a ouvert une porte à la négociation. L’un de ses «ministres» a déclaré lundi qu’il était prêt, à deux conditions, à participer à une conférence de réconciliation.
Le chef de faction demande que la conférence n’ait pas lieu à Bossasso, mais dans la capitale Mogadiscio, et que le nombre des factions y participant soit réduit aux 16 qui avaient participé à la réunion d’Addis-Abeba en mars 1993.
Le porte-parole du NSC a immédiatement réagi en insistant sur la nécessité d’inclure l’ensemble des factions somaliennes qui se partagent le pays déchiré depuis la chute du président Siad Barré en 1991.
L’accélération de ces négociations coïncide avec le soutien qu’a reçu l’envoyé spécial de l’ONU depuis le début de sa mission décidée le 28 juillet dernier par le secrétaire général Kofi Annan. De la part de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), mais aussi des Etats-Unis qui dans une lettre envoyée aux principaux chefs des factions somaliennes par le sous-secrétaire d’Etat pour les Affaires africaines, George Moose, ont demandé à toutes les parties prenantes de se joindre au processus.
Ismatt Kitani a déjà rencontré les dirigeants du NSC, les autorités du Somaliland et 50 personnalités somaliennes lors d’une première escale à Nairobi. Il s’est également rendu à Addis-Abeba, au Yémen et à Djibouti qui abrite le siège de l’IGAD (Autorité intergouvernementale pour le développement), organisme régional impliqué dans différentes initiatives de paix. (AFP)


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