MERCURE
Quarante ans après la tragédie de Minamata, le gouverneur de Kumamoto a annoncé officiellement que les poissons de la baie contaminée au mercure en 1956 ne présentaient plus aucun danger.
Un filet de protection fermant la baie, installé en 1974 pour empêcher le poisson non contaminé de pénétrer dans les eaux dangereuses, sera levé, a précisé le gouverneur Joji Fukushima au cours d’une conférence de presse.
Cette annonce survient après une étude menée par la préfecture de Kumamoto (sud du Japon)sur sept espèces de poisson pris dans la baie de Minamata en mai.
Les résultats ont révélé pour la troisième année consécutive un niveau de mercure en dessous des critères de sécurité fixés par les autorités.
Le filet de protection avait été installé en janvier 1974, après la chute brutale des prix du poisson, suite à la publication d’un rapport révélant l’empoisonnement probable au mercure d’habitants de la région.
L’affaire de Minamata a constitué une des plus terribles contaminations de l’histoire industrielle. A partir de 1956, des centaines de victimes étaient en effet tombées malades après avoir mangé des fruits de mer et du poisson contaminés par l’usine chimique Chisso, dans la baie de Minamata. Selon les autorités de la région, à ce jour 1.022 personnes sont mortes et 752 sont sérieusement malades ou handicapées.
Chisso coupable
Le mercure avait provoqué de nombreuses infirmités et la naissance d’enfants handicapés. Le monde avait découvert la tragédie de Minamata grâce aux photos de l’Américain Eugène Smith.
Après la reconnaissance du drame, le poisson pêché dans la baie était systématiquement racheté et brûlé par Chisso.
Le gouvernement préfectoral a effectué des analyses sur le niveau de mercure des poissons de Minamata, deux fois par an depuis 1992. Il avait décidé de déclarer la salubrité des poissons en fonction des résultats de l’étude de 1997.
Le gouvernement avait confirmé en 1978 que la maladie de Minamata était due à la pollution mais avait refusé toute responsabilité. La question des compensations aux victimes officielles de Minamata avait été réglée en 1973, mais il a fallu attendre 1988 pour que la cour suprême confirme définitivement la culpabilité de la compagnie Chisso.
Quarante ans après les premiers symptômes du mal, un groupe de victimes non reconnues officiellement a obtenu des compensations par un jugement rendu en 1996. Un an plus tôt, le premier ministre socialiste Tomiichi Murayama avait présenté les excuses du gouvernement et indiqué la possibilité d’étendre les compensations à des victimes non reconnues officiellement. (AFP)


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