Le groupe a convoqué pour la mi-septembre l’assemblée générale des actionnaires afin d’examiner la fusion de trois filiales, Istante Vesa Srl, Alias Spa et Modifin Spa. Ces filiales à 100% fabriquent les lignes Versace et seront incorporées à la maison-mère Gianni Versace Spa.
Selon Lorenzo Iori, analyste à la Murchio Sim, cette réorganisation de la production «est le signe que le processus de cotation en bourse va de l’avant», même si, selon lui, le placement risque d’être un peu retardé.
En mars, Santo Versace, frère aîné de Gianni, chargé de la gestion depuis la création du groupe il y a vingt ans, avait annoncé la cotation de la maison de couture à Milan d’ici à juin 1998 et un projet d’introduction à Wall Street. Mais il avait souligné qu’il fallait au préalable compléter «la restructuration du groupe, en réduisant le nombre de filiales et en réorganisant le patrimoine immobilier».
Cette restructuration avait commencé avant la mort du couturier, puisqu’il avait été déjà décidé de séparer les activités mode d’autres investissements (immobilier, participations financières, installations, équipements divers, contrats de location et de fourniture). Ces derniers seront regroupés dans une nouvelle structure appelée Ordersystem.
Selon M. Iori, la maison Versace devra, avant de procéder à la cotation en bourse, trouver un créateur de grande réputation pour remplacer le couturier défunt. «On peut espérer qu’ils réussiront à le dénicher en huit ou neuf mois», dit-il.
Chasse aux nouveaux
dirigeants
Selon des sources proches du groupe, la banque d’affaires Morgan Stanley, conseiller de la griffe pour la cotation, est partie à la chasse de nouveaux dirigeants et d’un grand nom qui puisse donner des garanties aux marchés financiers et au monde de la mode.
Des rumeurs ont circulé sur le nom du couturier de Chanel, Karl Lagerfeld, mais elles ont été démenties par l’intéressé.
Elles semblent toutefois confirmer que l’hypothèse d’une reprise des rênes par la sœur et muse de Versace, Donatella, est écartée. Pour Lorenzo Iori, «Cela aurait abouti à dénaturer l’image du groupe car elle est spécialisée dans des créations plus commerciales et décontractées comme la ligne Versus».
Selon les experts, malgré un spectaculaire doublement du chiffre d’affaires entre 1993 et 1996 et un bénéfice net en hausse l’an passé, Versace doit surveiller sa rentabilité.
D’autant que le groupe, très fort aux Etats-Unis et au Japon, a lancé depuis deux à trois ans une politique de baisse de ses prix pour conserver ses parts de marché. Selon le «Corriere della Sera», ses conseillers l’on invité à réduire ses coûts en limitant les invendus et en augmentant le degré d’intégration entre production et réseau de distribution.
Reste aussi pour la maison Versace, la question de la répartition de l’actionnariat puisque la griffe était jusqu’à présent détenue à 45% par le styliste, à 35% par son frère Santo et à 20% par sa sœur Donatella. (AFP)


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