L’indice Dow Jones des valeurs vedettes est repassé sous la barre des 8.000 points, clôturant à 7.694,66 points vendredi en recul de 336,56 points sur sa clôture vendredi dernier.
Il s’agit de la pire semaine de l’histoire de Wall Street, dépassant les pertes du krach de 1987, mais la baisse n’a pas donné cours à un sentiment de panique de la part des opérateurs.
«Il est difficile d’avoir un sentiment de marché déprimé et au vu des sommets atteints, il serait difficile pour le marché de pousser encore plus loin», estime Elizabeth MacKay de la banque d’affaires Bear Stearns.
«On pourrait voir une correction de 10% par rapport au record», ajoute-t-elle. En cours de séance, le Dow Jones a atteint début août 8.299,49 points, ce qui porte la baisse entre ce sommet et la clôture vendredi à 7,3%.
«Le marché est surévalué mais la correction devrait s’arrêter à ce niveau», renchérit Ed La Varnway de First Albany.
«Le reste du mois d’août devrait voir un ajustement du marché après sa forte hausse des dernières semaines», estime Larry Wachtel de Prudential Securities.
La baisse de Wall Street ne peut s’expliquer par les données fondamentales de l’économie américaine qui continue d’enregistrer une croissance non inflationniste.
Inflation sous contrôle
Les statistiques publiées la semaine écoulée ont montré une inflation sous contrôle avec une hausse des prix à la consommation de 0,2% pour juillet et de 2,2% sur douze mois, alors que la croissance du produit intérieur brut devrait être de 3% à 3,25% selon les prévisions de la Banque fédérale de réserve.
Le comité monétaire de la banque centrale se réunit mardi mais, selon la plupart des analystes, ne devrait pas décider de relever son principal taux directeur — le taux interbancaire au jour le jour — fixé depuis le 25 mars à 5,50%.
Certains analystes attirent cependant l’attention sur une reprise des dépenses de consommation ces deux derniers mois et sur un très probable relèvement des taux de la Fed d’ici la fin de l’année.
Les incertitudes sur l’introduction de la monnaie unique ont conféré une grande volatilité aux marchés des devises et obligataires qui a rejailli sur le marché boursier.
Le dollar a fini la semaine à 1,8180 deutsche mark pour 1,8464 vendredi dernier, reflétant les attentes des opérateurs sur un possible relèvement des taux de prise en pension de la Bundesbank.
Sur le marché obligataire, le rendement de l’obligation à 30 ans, qui évolue à l’inverse du prix, s’est établi à 6,55% vendredi à la clôture de Wall Street pour 6,63% vendredi dernier.
Wall Street fêtait pourtant la semaine écoulée quinze années de marché haussier. A la mi-août 1982, le Dow Jones était à 777 points et n’a cessé depuis de grimper, progressant de plus de 2.200 points entre la mi-octobre 1996 et le 6 août dernier.
«Si le marché donne l’impression de caler ou de se reposer, les investisseurs vont se dire: Allons-y, engrangeons nos profits en bénéficiant de la plus faible imposition sur les plus-values» décidée dans le cadre de l’accord budgétaire entre le Congrès et la présidence américaine, souligne Elizabeth MacKay.


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