«A la suite de la victoire des taliban, nous nous sommes efforcés d’islamiser complètement le sport en Afghanistan», a expliqué Ehsan Motmayn, secrétaire général du Comité olympique afghan.
Pour lui, le sport garde ses lettres de noblesse, mais à des fins «guerrières»: «L’islam dit que nous devons rester prêts au combat contre nos ennemis. Par la prière, nous renforçons nos âmes, et par le sport nous renforçons nos corps», estime-t-il avant de développer la nouvelle conception du sport en vigueur à Kaboul.
«Selon le droit islamique, les hommes doivent être couverts du genou au nombril — les deux devant être eux-mêmes recouverts», dit-il.
«Pour un musulman, il est obligatoire de prier cinq fois par jour. Si une compétition coïncide avec l’heure de la prière, elle doit être interrompue, quoi qu’il arrive, afin que sportifs et spectateurs puissent prier», a-t-il encore indiqué.
«Applaudir pour encourager les athlètes est interdit; les spectateurs doivent manifester leur soutien en scandant: «Allah est grand», continue Motmayn.
Le Conseil taliban au pouvoir à Kaboul depuis la fin septembre 1996 ne s’est pas encore prononcé sur le fait de savoir si des femmes peuvent ou non prendre part à des événements sportifs. En l’attente, c’est non.
«Lorsque la paix et la sécurité seront revenues en Afghanistan, la question du sport chez les femmes sera débattue par les spécialistes des questions religieuses au sein du conseil. Mais pour le moment, les femmes sont interdites de participation aux compétitions», a affirmé Motmayn.
Le Conseil taliban ne s’est pas encore prononcé sur des sports comme la natation et la musculation, qui sont en contradiction avec le code vestimentaire édicté.
Depuis la défaite des communistes en Afghanistan en 1992, on a peu vu les athlètes afghans lors des rencontres internationales. Le seul Afghan aux Jeux olympiques d’Atlanta, un boxeur, a été disqualifié pour ne pas s’être présenté à la séance de pesée. Par la suite, il a fait défection au Canada.
Durant la guerre, la majeure partie des installations sportives ont beaucoup souffert. Le stade national, où Motmayn a ses bureaux, porte çà et là les cicatrices des bombardements. Il a toutefois été débarrassé de ses mines, qui en faisaient un véritable piège. (Reuter)


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