«Ce sera une évolution bien maîtrisée: les grandes marques comme Rolls-Royce et Bentley ne s’engagent pas dans des révolutions comme le font les constructeurs de produits de masse», explique dans une interview à Reuter le P-DG de la firme, Graham Morris.
Rolls-Royce Motor Cars Ltd, qui produit également les Bentley, n’a pas sorti de modèle entièrement nouveau depuis 1980.
«Avec ce nouveau produit, nous faisons de toute évidence un pas en avant: il faudra qu’il nous permette de durer dans le siècle à venir», estime Graham Morris, un homme de l’automobile, transfuge il y a six mois de la firme allemande Audi.
La nouvelle Rolls, ajoute-t-il, ne présentera que trois éléments issus du modèle actuel. «Ce sera une voiture entièrement nouvelle», assure-t-il, sans toutefois fixer avec précision sa date de sortie.
La firme à la victoire de Samothrace en guise de mascotte est en tout cas bien déterminée à rester une voiture de luxe et ne veut surtout pas produire, contrairement à Mercedes, une version «grand public» de son bijou.
«Nos produits correspondront toujours à un prix élevé, et c’est très bien ainsi», juge Graham Morris.
Tout juste reconnaît-il que la firme envisage vaguement à moyen terme de fabriquer une Bentley «légèrement plus petite, j’insiste bien: légèrement plus petite et, une fois encore, sans en faire un produit de masse».
L’option luxe maintenue par Rolls-Royce ne semble en tout cas pas nuire aux ventes, qui ont progressé de 13% au premier semestre de cette année, au cours duquel le constructeur a vendu 1.029 modèles.
La firme a placé 1.744 voitures l’an dernier et Graham Morris escompte dépasser la barre des 2.000 véhicules par an très rapidement.
Le P-DG est venu sur la côte californienne, à l’occasion du concours d’élégance automobile de Pebble Beach, présenter la version 1998 de la Bentley Azure, mise en vente pour 340.000 dollars. Mais on peut acquérir une Bentley «bas de gamme», la Brooklands pour 155.900 dollars.
Graham Morris a tenu à dissiper les rumeurs récurrentes faisant état de la vente de Rolls-Royce par la maison-mère, le groupe britannique Vickers.
«Vickers a clairement fait savoir qu’elle voulait absolument conserver Rolls-Royce pour que la firme demeure britannique», a-t-il dit.
Rolls-Royce souhaite en outre développer la commercialisation des produits dérivés de la firme, qui appartiendront tous au monde du luxe et seront en priorité réservés aux clients de la maison, «si fidèles».
«Mais ces produits seront aussi accessibles au grand public», concède le P-DG. (Reuter)


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