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Actualités - Chronologie

La vie de chien des garçons de café

«C’est notre lot: on travaille quand les autres s’amusent». Garçons de café, chefs de rang, maître d’hôtel, cuisiniers, serveurs de restaurant, les salariés qui travaillent le plus en France font face au «coup de feu» des vacances.
Dans une profession où les conditions de travail son peu réglementées, syndicats et patronat ont signé en avril la première convention collective des cafés, hôtels, restaurants, après seize ans de négociations: elle prévoit de ramener progressivement la durée hebdomadaire du travail à 43 heures, d’accorder deux jours de repos par semaine, au lieu d’un et demi actuellement, quatre jours fériés par an.
Dans les cafés des grands boulevards parisiens, la mention de cette convention collective n’évoque pas grand-chose.
«Une convention collective? Je n’en ai jamais entendu parler», s’étonne un gérant.
«Ça ne nous intéresse pas de réduire nos horaires de travail, dit Rémi, un garçon de café de 40 ans. Plus on fait d’heures, plus on gagne: on est payé principalement au pourcentage du chiffre d’affaires et aux pourboires».
Rémi travaille 12 heures par jour, de 6h30 à 18h30, avec une demi-heure pour déjeuner à midi. «Si je travaillais huit heures, je ne gagnerais pas ma vie», explique-t-il.
Trois serveurs, impeccables dans leurs gilets et pantalons noirs, nœud papillon et grand tablier blanc, sont au garde-à-vous près de la porte, plateau sous le bras.

Des divorces

«Bien souvent, on attend le client, sans rien faire, mais il faut être là. Le plus dur, dans la restauration, c’est ce qu’on appelle la coupure: on commence à 10h, on s’arrête à 15h, on reprend à 18h, jusqu’à minuit», explique Michel Favier, syndicaliste de la CFDT, qui a commencé à 17 ans comme commis.
Selon une récente étude du ministère du Travail, l’hôtellerie-restauration est le secteur où la durée annuelle moyenne de travail est la plus élevée.
Selon Rémi, «la plupart d’entre nous n’ont pas de vie privée, travaillent le week-end, les jours de fête. C’est une profession qui compte beaucoup de divorcés». Rémi a un jour de congé une semaine, deux jours la semaine suivante.
«Je vis tellement dans le stress la semaine, qu’en congé je me sens raplapla, je n’ai envie de rien faire», dit Patrick, 47 ans, garçon de café depuis vingt ans.
Beaucoup de garçons de café, comme Patrick ou Rémi, sont payés avec les pourboires et les 15% de service, qu’ils se répartissent chaque soir à la fermeture, en liquide.
«Beaucoup flambent le soir ce qu’ils ont gagné dans la journée, aux jeux, aux courses, dans les restaurants. Après avoir passé la journée à servir les autres, on a envie de se faire servir», explique Patrick, qui gagne entre 12.000 et 15.000 francs par mois (2.000 et 2.500 dollars).
«Dans la profession, on est très individualiste, chacun cherche à gagner plus pour monter sa propre affaire, joue des coudes pour se faire bien voir du patron», explique M. Favier, soulignant la faiblesse de syndicalisme dans la profession.
La convention collective, qui doit encore être étendue par le ministère de l’Emploi, fin septembre, vise à apporter une protection minimale à tous.
«Les patrons n’auront pas envie et les salariés n’auront pas les moyens de la faire appliquer», estime Patrick. (AFP)
«C’est notre lot: on travaille quand les autres s’amusent». Garçons de café, chefs de rang, maître d’hôtel, cuisiniers, serveurs de restaurant, les salariés qui travaillent le plus en France font face au «coup de feu» des vacances.Dans une profession où les conditions de travail son peu réglementées, syndicats et patronat ont signé en avril la première convention collective des cafés, hôtels, restaurants, après seize ans de négociations: elle prévoit de ramener progressivement la durée hebdomadaire du travail à 43 heures, d’accorder deux jours de repos par semaine, au lieu d’un et demi actuellement, quatre jours fériés par an.Dans les cafés des grands boulevards parisiens, la mention de cette convention collective n’évoque pas grand-chose.«Une convention collective? Je n’en ai jamais entendu...