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Actualités - Chronologie

Les renards investissent Bruxelles

Discrètement, les renards colonisent progressivement Bruxelles sous la protection de la loi et avec une opinion publique qui semble évoluer en leur faveur. Ce sont surtout les noctambules bruxellois qui peuvent faire état de visions de renards traversant les rues dans les zones vertes de la capitale européenne ou près de friches industrielles. Dans la journée, l’animal se terre dans des parcs, grands jardins ou même installations abandonnées.
«Il est impossible de faire un recensement sérieux mais il est clair que la population de renards a nettement progressé à Bruxelles ces dernières années, alors qu’elle semble plutôt stable dans l’ensemble de la Belgique», indique le naturaliste Hugues Fanal.
L’infiltration au cœur de la ville s’est effectuée à partir de la forêt de Soignes mais aussi des campagnes environnantes – très proches à Bruxelles –, par le biais des parcs et les talus de voies ferrées et routes.
De façon générale, le renard européen s’est aperçu qu’il pouvait trouver de la nourriture en abondance dans les villes et il a donc souvent cherché à s’y implanter. mais l’homme, habitué à le pourchasser sans merci à la campagne continue souvent en ville: en France, pour s’en débarrasser, les autorités n’hésitent pas à organiser des battues urbaines.
A Bruxelles, cela a été le cas jusque dans les années 80. Mais depuis 1991, une loi protège le carnivore sur tout le territoire de la capitale, alors qu’il est toujours la cible des chasseurs dans le reste de la Belgique. Fort de cette protection, le goupil a poussé furtivement jusque dans le quartier des institutions communautaires de Bruxelles.
Contre
les préjugés

Fidèle à sa légende, outre les lapins de garenne – abondants dans les no man’s land situés près des autoroutes – il continue à croquer les poules. C’est pourquoi à Bruxelles ses détracteurs les plus virulents semblent être ceux – pas si rares dans la capitale belge – qui élèvent des volailles.
Marcel Grard, président de l’organisation «Connaissance et protection de la nature à Bruxelles», ne nie pas ces quelques méfaits auxquels s’ajoute l’éventrage des sacs poubelles pour grignoter des déchets alimentaires.
Mais citant notamment son régime composé annuellement d’environ 10.000 rongeurs (essentiellement souris et mulots) par tête, il estime que «son utilité dépasse de beaucoup ses inconvénients». Et il conseille à ceux qui ont des poules d’enterrer profondément un grillage de protection.
Même s’ils restent discrets, la présence des goupils à Bruxelles commence à être connue par les habitants et une revue des associations militant pour l’environnement, «Ville et habitants», vient de publier un article de Mario Ninnane – un policier féru de zoologie – pour contrer les préjugés les concernant.
Il réfute ainsi que le renard constitue un danger pour la santé humaine par le biais de la rage. En Belgique, le dernier cas de transmission renard-homme de cette maladie remonte à 1922 et les campagnes de vaccination par dissémination d’abats truffés de vaccin se sont révélées efficaces.
Il souligne également que leur élimination est inutile car c’est une espèce qui s’autorégule et les animaux tués seront immanquablement remplacés par des congénères à partir du moment où il y a abondance locale de nourriture. Mario Ninnane conclut sur la «grande joie» de pouvoir bénéficier de cette «vision de la vie sauvage en milieu urbain».
Des Bruxellois commencent à partager ce point de vue. Et certains disposent de la nourriture pour avoir encore plus de chances d’en observer.
Hugues Fanal est contre ces trop bonnes intentions. Le renard qui a toujours trouvé les moyens de survivre dans des conditions hostiles, doit selon lui, «conserver son caractère sauvage» même s’il est familier. (AFP)
Discrètement, les renards colonisent progressivement Bruxelles sous la protection de la loi et avec une opinion publique qui semble évoluer en leur faveur. Ce sont surtout les noctambules bruxellois qui peuvent faire état de visions de renards traversant les rues dans les zones vertes de la capitale européenne ou près de friches industrielles. Dans la journée, l’animal se terre dans des parcs, grands jardins ou même installations abandonnées.«Il est impossible de faire un recensement sérieux mais il est clair que la population de renards a nettement progressé à Bruxelles ces dernières années, alors qu’elle semble plutôt stable dans l’ensemble de la Belgique», indique le naturaliste Hugues Fanal.L’infiltration au cœur de la ville s’est effectuée à partir de la forêt de Soignes mais aussi des campagnes...