«Les utilisateurs pathologiques de l’Internet ne recherchent pas des informations mais un soutien social, un épanouissement sexuel et la capacité de se créer une nouvelle personnalité», a déclaré une psychologue de l’université de Pittsburgh, Kimberly Young.
Pour son étude, intitulée «L’intoxication à l’Internet: comment la communication par ordinateur devient-elle une dépendance?» elle a interrogé par l’intermédiaire du Web (réseau des réseaux) 396 personnes dispersées dans le monde entier et souffrant d’une véritable dépendance vis-à-vis d’Internet.
Les femmes étaient 20% plus nombreuses à répondre au sondage que les hommes. La moitié des gens interrogés étaient des femmes à la maison, des élèves et des étudiants et n’avaient donc pas de salaire fixe. Seulement 8% des personnes interrogées travaillent dans le domaine des nouvelles technologies.
Selon l’étude, 35% des personnes utilisaient des «chat rooms» (salons de discussions) et 28% ont avoué qu’ils participaient à des jeux interactifs. Les salons et les groupes de discussions peuvent attirer «des jeux interactifs. Les salons et les groupes de discussions peuvent attirer «des personnes dont les relations interpersonnelles dans la vie réelle ne sont pas très développées», a estimé Kimberly Young.
Aucun risque
Les personnes interrogées ont déclaré que, pour elles, le «Cybersex» – répondre à ses fantasmes érotiques par le biais d’Internet – était une façon de satisfaire leurs besoins sexuels, sans crainte d’attraper une maladie.
«Contrairement aux appels de numéros de téléphone rose qui peuvent laisser une trace ou au risque d’être vu entrant dans une librairie spécialisée, le Cybersex est perçu par les accros comme complètement anonyme et impossible à repérer. Ils y voient un moyen de laisser libre cours à leurs impulsions sexuelles illicites et de pouvoir agir de façon différente de leur comportement dans la vie réelle sans peur de conséquences», a déclaré Mme Young.
La psychologue ajoute que pour ceux qui «souffrent dans leur amour-propre, ou se sentent inaptes ou sont l’objet de fréquentes critiques de la part des autres», se créer une identité secrète sur l’Internet peut être très tentant.
«Dans le cyberspace, une personne timide peut devenir extravertie, une personne peu axée sur le sexe peut le devenir, une personne à la personnalité peu affirmée devient violente, ou une personne distante peut être grégaire», a affirmé Mme Young.
Pour Mme Young les personnes ayant répondu à quatre ou plus des critères suivants sur une période de douze mois peuvent être considérés comme des accros de l’Internet:
Incapacité à contrôler son utilisation du réseau, impatience et irritabilité lorsqu’on s’efforce de réduire sa consommation d’Internet, usage de l’Internet pour échapper à des problèmes ou au sentiment d’impuissance, de culpabilité, de dépression, d’anxiété.
Penser à l’Internet lorsqu’on est déconnecté du réseau, ressentir le besoin de passer plus de temps en ligne, mentir à sa famille ou à ses amis sur le temps passé sur l’Internet, risquer de compromettre une relation importante, un emploi, des opportunités de carrière, de formation, à cause de l’Internet, dépenser des sommes importantes en facturations de l’usage de l’Internet, se sentir déprimer ou anxieux lorsqu’on est déconnecté du réseau et, enfin, rester en ligne plus longtemps que prévu. (AFP)


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