La publication jeudi d’un indice des prix à la consommation en hausse de 0,2% en juillet et de 2,2% en rythme annuel a rassuré Wall Street qui reste sur deux séances de baisse. Mais la plus grande bourse américaine peine à retrouver ses records de la semaine passée et reste sous la barre des 8.000 points.
«Les bonnes nouvelles sur l’inflation devraient inciter la Fed à rester tranquille», a estimé jeudi Larry Wachtel, analyste chez Prudential Securities.
Le Comité monétaire de la Réserve fédérale américaine se réunit le 19 août et, compte tenu de l’absence de signes inflationnistes, ne devrait pas toucher à son principal taux directeur — le taux interbancaire au jour le jour —, fixé depuis le 25 mars dernier à 5,50%.
Mais l’évolution de Wall Street ces derniers jours est symptomatique des incertitudes des opérateurs boursiers sur les facteurs externes à l’économie américaine qui ne s’est jamais aussi bien portée.
Mercredi, l’indice Dow Jones des 30 principales valeurs industrielles a décollé en début de séance sur la publication d’un indice des prix à la production en baisse avant de piquer du nez en moins d’une demi-heure sur des informations d’un journal britannique faisant état d’un possible report de la monnaie unique.
Le dollar a immédiatement été la cible des spéculateurs, tout élément laissant penser à un report de la monnaie unique profitant au deutsche mark et cet accès de faiblesse de la monnaie américaine s’est répercuté sur le marché obligataire et boursier.
Les marchés anticipent également un relèvement des taux de la Banque centrale allemande dans les prochaines semaines et les bonnes nouvelles sur l’économie américaine n’ont plus qu’un effet marginal.
Compte tenu de ces circonstances, l’indice Dow Jones peine à se maintenir au-dessus de la barre des 8.000 points franchie à la mi-juillet. «Le Dow Jones lutte pour conserver son rythme de progression de 2.000 points sur les dix derniers mois», souligne Larry Wachtel.
Ce même analyste souligne que le Dow Jones, qui ne représente que trente valeurs industrielles cotées à Wall Street, n’est qu’un «indice que les gens appellent le marché».
Si le Dow Jones s’affichait en baisse mercredi soir, la bourse électronique américaine NASDAQ, sur laquelle sont cotées principalement des valeurs technologiques, affichait la même journée une progression de plus de 7%.
Les actions de géants de l’industrie informatique américaine comme Intel et Microsoft sont inscrites au NASDAQ (National Association of Securities Dealers Automated Quotation) et ne sont pas inclues dans le Dow Jones.
«Le Dow Jones n’est pas représentatif de ce qui se passe», affirme Larry Wachtel.
Les évolutions du marché obligataire influent également sur Wall Street, les opérateurs boursiers profitant de la moindre hausse pour vendre leurs titres d’Etat, cette volatilité rejaillissant sur les actions.
Cette situation ne devrait guère évoluer dans les semaines à venir, la quasi-totalité des analystes pariant sur un maintien des taux de la Réserve fédérale.
«La conjoncture américaine reste positive pour le marché», estime Lisa Finstrom, analyste chez Smith Barney, tout en soulignant qu’il «reste des inquiétudes sur un éventuel report de l’euro et sur ce que va faire la Bundesbank». (AFP)

