Considérées comme la «demeure des dieux» dans l’Antiquité, les «forges de Vulcain» ont depuis toujours terrorisé les humains. Au Nicaragua, les Indiens jetaient leurs plus belles vierges dans le lac de lave du volcan Massaya, en sacrifice aux dieux. Les Aztèques attribuaient la colère du Popocatépetl à la profanation de leurs temples par les conquistadores...
On sait aujourd’hui que les éruptions volcaniques résultent, comme les tremblements de terre, d’un gigantesque puzzle géologique: la tectonique des plaques, établie dans les années 60 par des chercheurs américains, et qui explique la répartition géographique des séismes et des volcans.
Ainsi, la Soufrière de Montserrat et la vingtaine de volcans «vivants» de l’arc des petites Antilles sont situées sur la même zone de «subduction», là où le fond de l’Atlantique et le continent sud-américain plongent sous la plaque des Caraïbes. Le San Cristobal se trouve, lui, sur la zone de subduction Pacifique-Caraïbe et le Popocatépetl là où la plaque Pacifique plonge sous celle de l’Amérique du nord.
Mais «il n’y a pas de lien direct entre ces trois éruptions, c’est seulement le système géodynamique terrestre qui fonctionne», a indiqué Jean-Louis Cheminée, directeur des observatoires volcaniques à l’Institut de physique du globe de Paris (IPGP).
«Quand trois volcans se réveillent, on ne peut pas parler de crise universelle. Il s’agit d’une simple coïncidence dans le temps», a souligné de son côté José Honnorez, de l’Observatoire des sciences de la Terre à Strasbourg.
Déluge de roches
Ces zones de subduction sont le siège d’un volcanisme dangereux. Elles entraînent des «éruptions pliniennes» (de Pline le Jeune, qui en a donné la première description lors de l’éruption du Vésuve de l’an 79) caractérisées par de très violentes explosions expulsant à plusieurs dizaines de kilomètres d’altitude des débris de magma. Ce magma démontre que la cheminée du volcan s’est débouchée.
C’est alors un déluge de roches incandescentes, de cendres et de gaz, projetés à 200 km/h à plus de 3.000 mètres d’altitude, comme à Montserrat où la capitale de la petite colonie britannique a été anéantie par l’éruption de vendredi dernier.
Le nuage ainsi formé prend l’aspect d’un champignon atomique, dont la partie supérieure, entraînée par les vents de haute altitude, laisse retomber des pluies de débris et de poussières volcaniques.
La surface de la Terre est formée d’une coquille rigide de 100 km d’épaisseur, découpée en «provinces géographiques» indépendantes : les plaques tectoniques. Ces plaques bougent, glissent sur le manteau pâteux et modifient positions et frontières. Elles naissent en bordure des grandes ceintures de volcans sous-marins appelées dorsales médio-océaniques. Une fois formés, les deux morceaux de plaques dérivent de part et d’autres de leur dorsale océanique, symétriquement, emportés par un gigantesque tapis roulant.
Après un trajet plus ou moins long, les plaques replongent vers le manteau. Cette descente aux enfers se traduit, en surface, par de profondes cicatrices, les grandes fosses océaniques. Les régions de plongée sont les zones de subduction, qui comptabilisent 98 % des victimes d’éruptions.
Cependant certains volcans (Hawaii, la Réunion, Tahiti ou encore le massif Central) ne se trouvent pas à la frontière de plaques. Ils correspondent à des «points chauds», zones beaucoup plus profondes à partir desquelles des jets de magma chaud sont émis verticalement. Ils arrivent à la surface en formant de grosses pustules, les volcans. Ainsi sont nées les Açores ou les Canaries. (AFP)


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