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Actualités - Chronologie

Mariage d'enfants

Gyarsi, un paysan pauvre du nord de l’Inde, est heureux et soulagé: il vient de marier une de ses filles et une de ses petites-filles à de jeunes garçons d’un village voisin lors d’un vaste mariage collectif.
Pushpa, 13 ans, et Guddi, 7 ans, les deux jeunes mariées, admirent, ravies, leurs tenues bariolées, se montrant leurs bijoux et leurs mains couvertes de délicats dessins au henné.
«C’est notre devoir religieux de les marier avant qu’elles n’atteignent l’âge de la puberté. C’est un grand soulagement», déclare Gyarsi Lal.
Dans le village de Sheopur, comme dans l’ensemble de l’Etat du Rajasthan (nord), les fillettes sont mariées avant l’âge de la puberté, pour respecter un cérémonial séculaire.
«Dans ma communauté, les femmes non mariées sont considérées comme un fardeau et nous voulons les marier le plus tôt possible», explique Chauser Devi, une mère de 32 ans qui a, elle-même, été mariée alors qu’elle n’était qu’une enfant. Elle a depuis marié ses filles lorsqu’elles étaient âgées de cinq à huit ans.
Dans l’ensemble du Rajasthan, des milliers de fillettes et de jeunes garçons des basses castes sont mariés lors de vastes cérémonies qui ont lieu les jours propices du calendrier hindou.
Il s’agit d’une tradition qui remonte à la nuit des temps dans cette société conservatrice. Les mariages d’enfants avaient déjà été bannis sous la colonisation britannique et la loi indienne interdit le mariage de filles âgées de moins de 18 ans. Mais la force de la tradition est telle que cette coutume se perpétue au Rajasthan.

Illégal, mais...

Les autorités disent ne pas être en mesure d’y mettre fin. «Nous ne pouvons arrêter qui que ce soit si nous ne sommes pas saisis d’une plainte», fait valoir Narsi Meena, un policier local, en soulignant que dans ces communautés étroitement unies personne ne porte jamais plainte.
«Nous savons qu’il est illégal de marier des enfants, mais cela fait partie de notre culture», lance Chauser Devi avec un accent de défi.
Plusieurs sociologues notent que cette coutume des mariages de masse a aussi une explication économique dans cette région désertique et pauvre. Les familles sont nombreuses et ne peuvent se permettre d’organiser des fêtes pour le mariage de chacun de leurs enfants.
Mais, contrairement à ce qui se passe dans d’autres régions d’Inde, où les jeunes mariées sont immédiatement envoyées dans la famille du promis, les jeunes rajasthanaises demeurent dans leurs familles jusqu’à ce qu’elles deviennent de jeunes femmes.
«On croit généralement que ces fillettes sont envoyées chez leurs maris pour y être violées», dit SG Kabra, un travailleur social. Mais, «la réalité est autre», ajoute-t-il, en soulignant que le mariage ne devient effectif qu’après plusieurs années, lors d’une autre cérémonie appelée Mukhlava.
Ce n’est qu’après cette cérémonie que le mariage est consommé et la première grossesse intervient généralement autour de l’âge de 20 ans, dit-il.
Pour SG Kabra, les mariages d’enfants sont avant tout une sorte de contrat entre les familles et le système des mariages au Rajasthan a certains avantages pour les femmes. Une veuve peut ainsi se remarier, ce qui n’est pas le cas dans d’autres régions d’Inde, et une femme fonder un autre foyer si elle ne s’entend pas avec son mari.
Le sociologue NK Singhvi estime qu’il ne sert à rien de condamner cette pratique. «Les transformations sociales doivent se faire en douceur. Elles doivent venir d’une évolution interne de la communauté. La loi et la police ne peuvent changer ni les esprits ni les valeurs», dit-il. (AFP)
Gyarsi, un paysan pauvre du nord de l’Inde, est heureux et soulagé: il vient de marier une de ses filles et une de ses petites-filles à de jeunes garçons d’un village voisin lors d’un vaste mariage collectif.Pushpa, 13 ans, et Guddi, 7 ans, les deux jeunes mariées, admirent, ravies, leurs tenues bariolées, se montrant leurs bijoux et leurs mains couvertes de délicats dessins au henné.«C’est notre devoir religieux de les marier avant qu’elles n’atteignent l’âge de la puberté. C’est un grand soulagement», déclare Gyarsi Lal.Dans le village de Sheopur, comme dans l’ensemble de l’Etat du Rajasthan (nord), les fillettes sont mariées avant l’âge de la puberté, pour respecter un cérémonial séculaire.«Dans ma communauté, les femmes non mariées sont considérées comme un fardeau et nous voulons les...